Doumbouya face au tandem Goïta-Traoré : l’orpaillage clandestin, nouveau point de friction entre Conakry et l’AES

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L’affaire des ressortissants burkinabè ayant quitté la Guinée après l’interdiction de l’orpaillage clandestin à Siguiri dépasse désormais le cadre d’un différend entre Conakry et Ouagadougou. Elle prend une dimension régionale, avec l’implication du Mali et, plus largement, de la Confédération des États du Sahel (AES).

Les présidents malien, le général Assimi Goïta, et burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, ont d’ailleurs échangé sur cette situation à l’occasion d’une rencontre à Ouagadougou, le jeudi 5 novembre 2026. Une séquence diplomatique qui intervient alors que Bamako dénonce les conséquences humanitaires de l’arrivée massive de ressortissants étrangers à sa frontière avec la Guinée.

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À l’origine de cette situation, la décision des autorités guinéennes de suspendre l’orpaillage dans la région de Siguiri, devenue le théâtre d’opérations contre l’exploitation aurifère clandestine. Ces mesures ont entraîné le départ de milliers d’orpailleurs étrangers, dont une importante proportion de Burkinabè, en direction du Mali.

Face à cet afflux, les autorités maliennes évoquent une « catastrophe humanitaire » à la frontière de Kourémalé, où plus de 40 000 personnes de différentes nationalités auraient été recensées, selon les chiffres communiqués par Bamako.

C’est dans ce contexte que le président malien s’est rendu dans la capitale burkinabè. Selon l’Agence d’information du Burkina (AIB), « les deux chefs d’État ont échangé sur des questions bilatérales, confédérales, sous-régionales et internationales. »

Mais au-delà des échanges habituels entre deux dirigeants de l’AES, la question des ressortissants burkinabè partis de Guinée a occupé une place particulière dans cette rencontre. Ouagadougou a notamment tenu à saluer l’attitude des autorités maliennes face à leur arrivée.

« Le Capitaine Ibrahim Traoré a exprimé sa gratitude et celle du peuple burkinabè au général d’armée Assimi Goïta et au peuple malien pour l’accueil fraternel et chaleureux réservé aux ressortissants burkinabè refoulés de la République de Guinée. Les deux Présidents se sont par ailleurs félicités des mesures d’hospitalité et de sécurité dont bénéficient leurs ressortissants sur le territoire confédéral, et ont encouragé leurs communautés à continuer de vivre en harmonie. »

Cette prise de position commune donne une portée politique supplémentaire à une affaire initialement liée à la lutte contre l’orpaillage clandestin. En mettant en avant la solidarité entre Bamako et Ouagadougou, les deux dirigeants affichent leur volonté de coordonner leur réponse face aux conséquences de la décision guinéenne.

Pour Conakry, l’enjeu reste celui de la souveraineté nationale et de la protection de l’environnement. Pour Bamako et Ouagadougou, la priorité est désormais aussi humanitaire et diplomatique. Une divergence de lecture qui risque de peser sur les relations entre la Guinée et les pays membres de l’AES, dans un contexte régional déjà marqué par de profondes recompositions géopolitiques.