À l’occasion des vacances parlementaires, le député plurinominal de la préfecture de Mali, Mamadou Abass Souaré, a effectué, avec sa collègue, une tournée d’immersion dans les huit communes rurales et la commune urbaine de sa circonscription. Désenclavement routier, accès à l’eau potable, électrification, éducation, santé, agriculture et autonomisation des jeunes : l’élu revient sur les principales préoccupations exprimées par les populations et les démarches entreprises auprès des autorités gouvernementales. Dans cet entretien, il présente également les dix axes prioritaires retenus pour le suivi parlementaire et le développement de la préfecture.
Guinee360.com : Vous avez effectué une tournée dans les sous-préfectures de votre circonscription à l’occasion des vacances parlementaires. Quel bilan tirez-vous de cette immersion ?
Mamadou Abass Souaré : Les vacances parlementaires constituent un moment essentiel pour tout député. Elles lui permettent de retourner dans sa circonscription, de rester au contact des populations, de recueillir leurs préoccupations et d’identifier leurs besoins prioritaires.
C’est dans cet esprit que ma collègue et moi avons effectué une tournée dans les huit communes rurales ainsi que dans la commune urbaine de Mali, en tenant compte notamment des conditions d’accessibilité des différentes localités.
Au terme de cette immersion, un constat majeur s’impose : la principale préoccupation des populations demeure la route Labé–Mali–Gada Lougué. Les travaux sont en cours sur le tronçon Labé–Yembering, mais les sections Yembering–Mali-Centre et Mali-Centre–Gada Lougué n’ont pas encore connu de démarrage effectif.
Il nous appartient donc, en notre qualité de députés, de poursuivre les plaidoyers afin que le tronçon Yembering–Mali soit inscrit parmi les priorités du Gouvernement. Dès notre retour à Conakry, nous avons engagé des démarches en ce sens.
Selon les informations recueillies auprès du ministère en charge des Infrastructures, le dossier évolue favorablement. Nous espérons qu’une entreprise sera mobilisée dans les meilleurs délais pour permettre le démarrage des travaux.
Au-delà de la route nationale, quelles sont les principales difficultés que les citoyens vous ont signalées au cours de vos échanges ?
En dehors de la route nationale, le désenclavement des pistes rurales constitue également une préoccupation majeure. Plusieurs axes nécessitent une intervention, notamment la route reliant Bawa à Donguel-Sigon, puis Donguel-Sigon à Télirè, Télirè à Salambandé et Salambandé à Balaki. Il s’agit d’un itinéraire stratégique pour les échanges et la mobilité des populations.
Nous avons également été interpellés sur la route reliant Donguel-Sigon à Hidayatou, puis Hidayatou à Lougué, en direction de la frontière. Cet axe figure lui aussi parmi les priorités exprimées par les citoyens.
À cela s’ajoute la nécessité de réaliser des ouvrages de franchissement, notamment à Bardoula, sur l’axe menant vers Madina Wora. À cet endroit, les populations doivent traverser le fleuve pour rejoindre le marché de Bounaya, ce qui rend les déplacements particulièrement difficiles.
De manière générale, les principales préoccupations portent sur l’insuffisance des infrastructures routières, l’accès à l’eau potable ainsi que le manque d’aménagement des espaces agricoles et agro-pastoraux.
Quelles localités avez-vous visitées au cours de cette tournée parlementaire ?
Nous avons commencé notre tournée par Hidayatou, avant de nous rendre à Fougou, puis à Yembering, où nous avons passé la nuit.
Le lendemain, nous avons poursuivi notre déplacement vers Donguel-Sigon. Nous avons ensuite visité Lebékéren, Madina Wora et Gaya.
Au total, cette tournée nous a permis de couvrir les huit communes rurales de la préfecture, en plus de la commune urbaine de Mali.
La route reliant Mali à Gaya constitue également une préoccupation pour les citoyens. Quelle est la situation actuelle de cet axe ?
À ce jour, cette route est relativement praticable. Dans le cadre des préparatifs des campagnes législatives, nous avions entrepris des démarches auprès de l’entreprise AgriFARM afin que cet axe soit reprofilé et que les usagers puissent y circuler dans de meilleures conditions.
Il est aujourd’hui plus praticable que plusieurs autres axes de la préfecture. C’est la raison pour laquelle nous ne l’avons pas retenu parmi les urgences majeures relevées au cours de notre tournée.
Il convient également de rappeler que cet axe est intégré au projet de bitumage de la route nationale, qui doit passer par Gaya et Lebékéren jusqu’à la frontière.
Après avoir recueilli les préoccupations des populations, quelles démarches comptez-vous entreprendre auprès du Gouvernement pour que leurs doléances débouchent sur des actions concrètes ?
Le rôle d’un député consiste notamment à représenter les populations, à porter leur voix et à défendre leurs préoccupations auprès des départements ministériels compétents.
Pour les questions relatives aux routes, à l’eau potable et à l’électrification, nous sommes en relation avec les ministères chargés des Infrastructures, de l’Énergie et de l’Hydraulique. Nous avons déjà eu l’occasion de rencontrer ces différents départements afin de leur exposer les difficultés auxquelles la préfecture de Mali est confrontée.
Plusieurs initiatives gouvernementales sont annoncées ou engagées dans le sens de l’amélioration des conditions de vie de nos populations. Nous entendons assurer un suivi régulier de ces dossiers.
L’électrification des sous-préfectures figure également parmi nos préoccupations. Lors de la récente rencontre de notre commission avec le ministre chargé de l’Énergie, nous avons particulièrement insisté sur l’extension des réseaux électriques vers les localités de la préfecture.
Les perspectives communiquées sont encourageantes. Des assurances nous ont été données concernant l’extension du réseau électrique disponible à Mali-Centre vers les différentes sous-préfectures. Nous espérons que cette orientation se traduira prochainement par des réalisations concrètes au bénéfice des populations.
La préfecture de Mali reste confrontée à de nombreux défis de développement. Quelles sont, selon vous, les priorités pour améliorer durablement les conditions de vie des populations, notamment celles des jeunes ?
À l’issue de notre tournée, nous avons regroupé les attentes exprimées par les populations autour de dix priorités stratégiques. Elles feront l’objet de notre suivi, de nos plaidoyers et de notre travail de contrôle auprès des services compétents.
Première priorité : les routes et les transports. Il s’agit notamment du bitumage de la voirie urbaine, du désenclavement des localités et de la réalisation de la route Labé–Mali–Gada Lougué. La concrétisation de ces projets contribuerait à améliorer la mobilité, à faciliter les échanges et à soutenir le développement économique de la préfecture.
Deuxième priorité : l’énergie. Mali-Centre bénéficie aujourd’hui d’une desserte électrique continue, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Nous souhaitons que cette avancée soit progressivement étendue à toutes les sous-préfectures, tout en envisageant l’installation de l’éclairage public dans la commune urbaine.
Troisième priorité : l’eau et l’assainissement. Il est nécessaire de réaliser des forages, de développer les systèmes d’adduction d’eau potable et d’améliorer l’assainissement des espaces publics.
Quatrième priorité : l’éducation. Nous devons renforcer la construction et l’équipement des établissements scolaires, tout en veillant à la disponibilité d’enseignants en nombre suffisant. Les recrutements récemment engagés par le Gouvernement dans le secteur de l’éducation constituent, à cet égard, une initiative à accompagner.
Cinquième priorité : la santé. Malgré les efforts consentis par les autorités, les besoins restent importants, notamment en personnel médical. Plusieurs centres et postes de santé ont été construits ou sont en cours de construction. Il est désormais essentiel de renforcer leurs effectifs et leurs équipements afin de garantir une meilleure prise en charge des patients.
Sixième priorité : l’agriculture et l’élevage. Une très grande partie de nos populations tire ses moyens de subsistance de ces activités. Il faut donc renforcer l’accès aux équipements agricoles, aménager les terres cultivables et les espaces agro-pastoraux, construire des magasins de stockage et faciliter la commercialisation des produits.
Septième priorité : l’emploi et l’autonomisation des jeunes et des femmes. Nous devons favoriser l’insertion professionnelle des jeunes, soutenir l’entrepreneuriat local et faciliter l’accès des femmes aux mécanismes de financement de leurs activités génératrices de revenus.
Huitième priorité : l’urbanisation. Cela passe notamment par l’extension et la régularisation des lotissements, ainsi que par l’aménagement des espaces publics pour accompagner le développement de la commune urbaine.
Neuvième priorité : l’administration et les infrastructures sociales. Nous devons œuvrer à la modernisation des services publics et à la réalisation d’équipements sportifs adaptés. La préfecture de Mali manque notamment de terrains de football aménagés.
Je prends l’exemple de la récente Fête de la pomme de terre, organisée en septembre 2026. Si nous disposions d’un stade préfectoral clôturé, sécurisé et doté d’une tribune, nous aurions pu accueillir davantage de participants et offrir de meilleures conditions d’organisation. Ce type d’infrastructure est également essentiel à l’épanouissement de la jeunesse.
Dixième priorité : le statut administratif de Mali et le renforcement de la gouvernance locale. Mali compte parmi les préfectures historiques de la Guinée. Au regard de son histoire, de son étendue et de son potentiel, nous estimons que la question de son éventuelle évolution vers le statut de région mérite d’être examinée dans le cadre des critères nationaux de réorganisation territoriale.
Nous souhaitons que les initiatives gouvernementales visant à faire évoluer le statut de certaines sous-préfectures et préfectures puissent également prendre en compte les réalités et les potentialités de la Moyenne-Guinée. Notre territoire dispose d’atouts qui méritent d’être mieux valorisés.
Voilà les dix axes que nous avons identifiés et que nous entendons défendre auprès des autorités compétentes, dans le respect de nos responsabilités parlementaires.
Au-delà des vacances parlementaires, comment comptez-vous maintenir le contact avec les populations et leur rendre compte de vos activités à l’Assemblée nationale ?
Nous avions déjà engagé cette démarche avant notre départ en vacances parlementaires, notamment à travers une rencontre avec les ressortissants de la préfecture de Mali vivant à Conakry.
Nous avons décidé d’élargir cette initiative en organisant des rencontres avec les ressortissants de chaque sous-préfecture établis à Conakry. L’objectif est de créer des cadres d’échanges réguliers autour des préoccupations de chaque localité et de faire le point sur les démarches entreprises.
Nous avons déjà commencé avec les ressortissants de Gaya. Nous comptons poursuivre cette dynamique afin de maintenir un contact permanent avec nos populations, de mieux faire connaître nos activités parlementaires et de porter plus efficacement leurs préoccupations au sein de l’Assemblée nationale.
Quel message souhaitez-vous adresser aux populations de Mali qui vous ont élu député ?
Je voudrais inviter les populations de Mali à garder confiance, à rester sereines et à continuer de nous accompagner dans l’accomplissement de notre mission.
C’est grâce à la confiance qu’elles nous ont accordée que nous avons aujourd’hui l’honneur de les représenter à l’Assemblée nationale. Cette confiance nous oblige. Nous devons la mériter par le travail, l’écoute, le suivi des engagements et, surtout, par des résultats concrets tout au long de notre mandat.
Nous restons disponibles, à l’écoute et déterminés à défendre les intérêts de la préfecture de Mali partout où cela sera nécessaire.

