La décision d’autoriser l’évacuation sanitaire d’Ibrahima Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara continue de susciter des réactions dans la classe politique guinéenne. Alors que certains acteurs comme le député Abdoulaye Kourouma y voit un signal d’apaisement et de décrispation, Boubacar Demba Dansoko, membre du bureau politique du RPG arc-en-ciel, dissout, rejette cette lecture.
Joint par Guinee360 ce dimanche 20 septembre 2026, ce responsable politique reconnaît à chacun le droit de commenter la décision des autorités, mais conteste l’idée d’une démarche de décrispation. « Tous les citoyens guinéens sont libres de commenter et de placer les mots qu’ils veulent pour apprécier la situation. Quand Abdoulaye Kourouma intervient, peut-être que c’est pour d’autres raisons. Mais ce qui est en train de se passer dans ce pays, malheureusement, ce n’est pas par des affirmations que cela peut se régler par des apparitions publiques et puis il se trouve qu’au fond on pose aucun acte d’apaisement ou de décrispation dont il parle. Je pourrais dire que c’est une fausse affirmation. Il n’y a ni décrispation ni apaisement », réagit-il.
Pour Boubacar Demba Dansoko, cette lecture ne correspond pas à la position exprimée par le chef de l’État. Dans son adresse du 19 septembre, Mamadi Doumbouya avait présenté l’évacuation comme une mesure exceptionnelle, motivée exclusivement par des considérations sanitaires, tout en précisant que les décisions de justice concernant les deux anciens responsables restaient applicables.
« Cette façon d’agir ne devrait pas venir d’un homme politique responsable. Parce qu’en fait, il n’y a pas de décrispation. Si le président même dit qu’il s’agit d’une situation humanitaire et que cela n’a aucune influence sur les décisions de justice, comment est-ce qu’on pourrait dire que c’est une décrispation et un apaisement ? Il n’y a pas d’apaisement. Il faut qu’il se rectifie. Il n’y a aucun acte d’apaisement », insiste-t-il.
Au-delà des dossiers de Kassory Fofana et d’Amadou Damaro Camara, le responsable du RPG estime que d’autres questions doivent être prises en compte dans toute démarche visant à apaiser le climat politique. « Ce n’est pas seulement le cas d’Elhadj Damaro Camara et du premier ministre Kassory Fofana qui est concerné. Il y a des charniers dont les citoyens guinéens veulent connaître l’issue. Il y a des disparitions forcées. Il y a beaucoup de situations qui auraient pu aider à apaiser, à décrisper », affirme-t-il.
Selon lui, par rapport aux dossiers les plus brûlants, rien n’est fait, et certains acteurs politiques devraient, par conséquent, éviter de présenter la seule évacuation sanitaire des deux anciens responsables comme un acte de décrispation.
Sur l’autorisation accordée à Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara, Boubacar Demba Dansoko se montre toutefois favorable à leur évacuation, tout en rappelant que les demandes de soins à l’étranger ont, selon lui, tardé à être prises en compte. « Tous les spécialistes avaient déjà sonné le glas pour dire qu’il fallait que ces personnalités aillent se faire soigner, bénéficier des soins appropriés. Maintenant, cette autorisation est accordée. C’est un ouf de soulagement pour les intéressés, pour nous et pour tout le peuple de Guinée, parce que le droit à la santé est un droit inaliénable », souligne-t-il.
Le responsable politique dit néanmoins espérer que l’état de santé des deux anciens hauts responsables n’a pas atteint un niveau irréversible après cette longue attente. « Nous espérons que la situation sanitaire de ces deux personnalités n’a pas atteint un niveau de gravité irréversible. C’est le souhait que nous formulons parce que cela a trop duré. C’est la raison pour laquelle il est difficile, au moment où nous parlons, de dire qu’il s’agit d’une magnanimité », conclut Boubacar Demba Dansoko.

