« Ouvrir les classes sans leur engagement serait une situation insoutenable » : Michel Pépé Balamou interpelle les autorités sur le dossier des enseignants communaux

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Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l'Education

La signature de l’arrêté d’engagement à la Fonction publique des enseignants contractuels communaux non retenus ayant participé aux pratiques de classe reste l’une des principales revendications de l’intersyndicale de l’éducation. Cette exigence figure notamment dans le protocole d’accord additionnel signé le 3 janvier dernier entre le gouvernement et les organisations syndicales de l’éducation, sous l’égide du Conseil national du dialogue social (CNDS).

Ce samedi 1er août, des enseignants venus des 33 préfectures de Guinée se sont mobilisés à la Bourse du Travail pour réclamer la signature de leur arrêté d’engagement à la Fonction publique. Une revendication qui demeure au centre des discussions entre les syndicats et les autorités, plusieurs mois après la conclusion de l’accord.

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Si certaines avancées ont été enregistrées depuis la signature du protocole, notamment avec la mise en place des commissions techniques chargées de son application, les représentants syndicaux attendent toujours des actes concrets permettant sa mise en œuvre effective.

S’exprimant au nom du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) et du Syndicat National de l’Éducation (SNE), dont il est le secrétaire général, Michel Pépé Balamou a une nouvelle fois haussé le ton à l’endroit des autorités. Selon lui, les conditions actuelles ne permettent pas d’envisager une rentrée scolaire normale.

« Le message que nous voulons faire passer est clair : il n’y aura pas de possibilité d’ouvrir les classes dans ces conditions, alors que 18 000 enseignants manquent à l’école de la République. Ouvrir les classes sans leur engagement serait une situation politiquement, didactiquement, académiquement et pédagogiquement insoutenable. Cela signifie tout simplement que ce n’est pas possible », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général du SNE a également alerté sur les conséquences de ce déficit d’enseignants sur la qualité de l’éducation et les performances attendues des élèves.

« Dans une école de la République confrontée à un déficit de 18 000 enseignants, ouvrir les classes tout en espérant obtenir de bons résultats de la part de nos élèves relève d’une incohérence. L’État doit donc prendre toutes les dispositions nécessaires afin qu’avant l’ouverture des classes, chaque classe dispose d’un enseignant et que chaque matière soit également prise en charge par un enseignant », a-t-il poursuivi.

De son côté, Diaka Sow, coordinateur du Collectif des enseignants contractuels non retenus de Guinée, a appelé l’intersyndicale de l’éducation à intensifier les démarches auprès du gouvernement afin d’obtenir la signature de l’arrêté d’engagement pendant les vacances scolaires.

« Si notre arrêté d’engagement n’est pas signé pendant ces vacances, nous nous tournerons vers l’intersyndicale de l’éducation. Aux secrétaires généraux, je porte la voix de 4 000 enseignants contractuels. Nous vous appelons à défendre rapidement notre dossier auprès du gouvernement et à faire tout le nécessaire pour que l’arrêté concernant les 4 500 enseignants soit signé durant cette période. À défaut, vous nous donnerez les moyens de déclencher une grève générale et illimitée », a-t-il prévenu.

Réaffirmant la détermination des enseignants contractuels concernés, Diaka Sow a également lancé un avertissement aux autorités.

« Tant que l’arrêté d’engagement ne sera pas signé, il n’y aura pas de cours. Terminé », a-t-il alerté.

Par ailleurs, le coordinateur du Collectif des enseignants contractuels non retenus de Guinée a adressé un appel solennel au président Mamadi Doumbouya, afin qu’il intervienne personnellement dans ce dossier.

« J’adresse une plaidoirie au président Mamadi Doumbouya, père de tous les 4 000 enseignants contractuels. Nous sommes attachés à l’éthique de notre pays et nous sommes allés enseigner dans les villages. Aujourd’hui, nous avons passé le concours spécifique à la pratique de classe et obtenu la moyenne requise. »