À l’issue d’une visite officielle de deux jours au Mali, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a été reçu le 13 juillet par le président de la Transition, le Général Assimi Goïta, au palais de Koulouba. À cette occasion, le chef de la Commission a réaffirmé le souhait de l’organisation continentale de voir le Mali renouer avec l’ordre constitutionnel.
Cette première visite de Mahmoud Ali Youssouf au Mali depuis sa prise de fonction s’inscrit dans une dynamique de renforcement du dialogue entre Bamako et l’Union africaine, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires auxquels fait face le Sahel, ainsi que par les enjeux de paix, de stabilité et d’intégration régionale.
Les échanges entre les deux responsables ont porté sur la situation sécuritaire au Mali et dans la région sahélienne, la lutte contre le terrorisme, les perspectives de consolidation de la paix, ainsi que les relations entre le Mali et l’Union africaine. Les évolutions institutionnelles engagées par les autorités de la Transition et les mécanismes de coopération susceptibles d’accompagner les efforts nationaux ont également été abordés.
« Je profite également de cette occasion pour vous dire que la Commission de l’Union africaine, que j’ai l’honneur de diriger, souhaite engager un dialogue avec le gouvernement malien afin de savoir dans quelle mesure la Commission peut être d’une quelconque utilité dans ce cheminement, qui est l’adoption de la Charte et de la Constitution », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf.
Le Mali est membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Niger et du Burkina Faso. Les trois pays ont quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qu’ils accusent, avec certains de ses dirigeants, de collusion avec la France pour déstabiliser leurs régimes.
« Je crois que c’est le message de l’Afrique. L’Afrique voudrait voir un Mali stable, un Mali entretenant de bonnes relations avec ses pays voisins, un Mali où l’ordre constitutionnel est rétabli », a ajouté l’émissaire de l’Union africaine, tout en expliquant les raisons de la suspension du Mali des instances politiques de l’organisation continentale.
« Je crois que la suspension du Mali des institutions politiques africaines n’est pas une volonté d’isoler le Mali. C’est surtout une façon de réaffirmer les règles et les procédures qui sont les nôtres, mais également de dire au Mali : nous sommes à vos côtés pour avancer dans ce cheminement politique, qui est dirigé par les Maliens, pour les Maliens et pour l’avenir du Mali. »
Abordant la question de la lutte contre le terrorisme, le président de la Commission de l’Union africaine a réaffirmé l’engagement de l’organisation à soutenir le Mali face à cette menace régionale. « J’aimerais insister sur le fait que le terrorisme est comme un feu de paille : si on ne le contient pas, si on ne le circonscrit pas très vite, il peut se propager rapidement aux pays voisins. Nous le voyons déjà aujourd’hui : le Ghana est menacé, le Togo est menacé, le Bénin est menacé. Je crois que ce phénomène doit être combattu à l’échelle continentale. Je peux dire aujourd’hui que le Mali n’est pas seul dans cette entreprise. Nous sommes tous là, la Commission et les États membres, pour aider le Mali à surmonter ses difficultés, surtout dans cette période extrêmement difficile. »

