Publireportage – Sous la présidence du Premier ministre Bah Oury, le gouvernement guinéen a officiellement présenté, ce lundi 29 juin 2026 à Conakry, la Stratégie nationale de développement de la filière avicole. Une initiative d’envergure qui ambitionne de transformer profondément la production locale de volaille, réduire massivement les importations et positionner la Guinée sur la voie de la souveraineté alimentaire.
Réunis autour de cette cérémonie, autorités publiques, partenaires techniques et financiers, institutions bancaires ainsi que les acteurs du secteur avicole ont affiché une volonté commune : structurer une filière compétitive, moderne et durable.
Dès l’ouverture des travaux, le chef de cabinet du ministère de l’Élevage, Sanfang Mohamar Cissé, a donné le ton en insistant sur la portée globale de l’initiative. Il a rappelé que la rencontre ne se limitait pas à une présentation technique : « Une ambition commune, qui est celle de bâtir une filière avicole moderne, résiliente, compétitive et durable en République de Guinée.»
Avant d’ajouter que le processus vise également des résultats concrets : «Des partenariats solides, des investissements structurants, mais aussi des engagements concrets pour l’avenir de la filière avicole guinéenne.»
Cette rencontre a aussi permis la restitution du diagnostic du Fonds national de développement de l’élevage (FONDEL) et l’organisation d’une table ronde dédiée à son financement.
Dans son intervention, la secrétaire générale du ministère de l’Élevage, Halimatou Sirando Diallo, a dressé un état des lieux précis du secteur. Elle a souligné le rôle stratégique de la filière dans la sécurité alimentaire : « La filière avicole est un levier stratégique pouvant contribuer significativement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de notre pays.»
Elle a également mis en lumière les limites actuelles de la production nationale : «La Guinée dispose d’un potentiel agricole considérable, mais ce potentiel reste insuffisamment valorisé.»
Selon les données présentées, le pays compterait plus de 25,2 millions de volailles, dont seulement 7 % issus de systèmes semi-intensifs, tandis que les importations atteignent plus de 70 000 tonnes de poulets congelés par an, représentant plus de 88 millions d’euros.
Pour la responsable, la stratégie vise une rupture nette : « Transformer cette dépendance en capacité de production nationale.»

Le plan prévoit un investissement global de 563 millions de dollars, dont 92 % orientés vers la productivité, avec une ambition claire : « Atteindre l’autosuffisance nationale en viande de volaille et en œufs de consommation dès 2030.»
Le secteur pourrait également générer 250 000 emplois directs et 350 000 emplois indirects, selon les projections officielles.
Du côté du secteur financier, Vistagui a réaffirmé sa volonté de soutenir la transformation de la filière. Son représentant, Alhassane Yattara, a insisté sur la dimension sociale et économique du secteur : «Financer l’élevage, c’est financer l’alimentation des Guinéens. Financer l’élevage, c’est créer des emplois pour les jeunes et des opportunités pour les femmes.»
Il a également plaidé pour une transformation des mécanismes de financement : « Passer d’une logique de crédit isolé à un financement de toute une chaîne de valeur (…) et d’une logique de garantie à une logique de projet bancable.»
Une réforme attendue de longue date

Au nom des acteurs de terrain, le président de la FINA, Boubacar Dansoko, a exprimé une satisfaction mêlée d’espoir. Il a salué un tournant historique : « Depuis fort longtemps, la Guinée est prête. Il fallait simplement des hommes comme vous pour pouvoir mettre tout ça en ordre.»
Et a appelé à un renforcement institutionnel des organisations de producteurs : « La FINA demande à être beaucoup plus accompagnée pour structurer les fédérations (…) au niveau régional, préfectoral, sous-préfectoral et pourquoi pas dans les districts.»
Le ministre de l’Élevage, Félix Lamah, a livré une analyse particulièrement préoccupante du marché national. Il a rappelé l’ampleur des importations : «La Guinée importe aujourd’hui plus de 70 000 tonnes de volailles congelées par an provenant d’Europe, du Brésil et des États-Unis.»
Ces importations auraient un impact économique majeur : « Ces 70 000 tonnes importées déplacent une valeur économique nette estimée à plus de 3 444 milliards de francs guinéens au détriment direct de nos entreprises locales.»
Le ministre estime également que cette situation freine fortement l’emploi : « Ces volumes importés empêchent la création d’environ 47 000 emplois directs et menacent 94 000 emplois indirects.»
Il a insisté sur le caractère stratégique du moment : « Nous actons aujourd’hui la refondation d’un secteur vital pour l’avenir de la République de Guinée.»
Et a détaillé les ambitions concrètes : « Atteindre l’autosuffisance avicole à l’horizon 2030.» « Nous voulons que désormais (…) dans les ministères, les hôtels et les cantines, il y ait du poulet produit localement.»
Une vision politique assumée de souveraineté alimentaire

En clôture de la cérémonie, le Premier ministre Bah Oury a réaffirmé l’engagement total de l’État. Il a replacé la réforme dans une perspective nationale : « C’est de notre responsabilité d’assurer la résilience de notre économie, de nos populations. » Et a insisté sur la dimension stratégique : « C’est une question de sécurité nationale.»
Dans un message fort adressé à l’administration et aux investisseurs, il a ajouté : « La Guinée est prête. Mais c’est l’administration qui traîne les pieds.»
Avant de conclure sur une volonté d’action immédiate : « Nous pouvons importer ce que nous n’avons pas, mais ce que nous avons, on va fixer des quotas (…) Il n’y a pas d’obstacles. Il faut le vouloir. Et le gouvernement le veut.»
Avec un investissement projeté de plusieurs centaines de millions de dollars, des ambitions d’autosuffisance fixées à 2030 et une volonté politique affirmée, la Guinée engage une transformation profonde de sa filière avicole.
Entre enjeux économiques, sécurité alimentaire et création massive d’emplois, cette stratégie apparaît comme l’un des chantiers structurants majeurs du secteur rural guinéen pour la décennie à venir.

