Face aux tensions persistantes sur les liquidités en Guinée, marquées par des difficultés d’accès au cash dans les banques et les services de transfert d’argent, le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) a décidé de sortir de sa réserve. Dans un communiqué publié ce jeudi 12 mars 2026, l’organisation dirigée par Gabriel Haba se dit préoccupée par les obstacles croissants rencontrés par les citoyens pour accéder à leurs ressources financières.
Selon le CNOSCG, de nombreux témoignages recueillis ces dernières semaines font état de tensions dans les opérations de retrait, tant dans les établissements bancaires que dans les systèmes de paiement électronique. « Depuis plusieurs semaines, des témoignages concordants font état de tensions dans les opérations de retrait, de difficultés d’accès aux ressources financières par les usagers et de pratiques de surfacturation dans certains points de service », souligne l’organisation.
Le conseil déplore également un déficit de communication de la part des autorités, estimant que ce manque de clarté contribue à alimenter l’inquiétude au sein de la population. Pour faire face à la situation, le CNOSCG formule plusieurs recommandations. Il invite notamment la Banque centrale de la République de Guinée à communiquer de manière régulière et transparente sur l’état des liquidités dans le système bancaire. « La Banque centrale doit publier régulièrement des informations transparentes sur la situation de la liquidité dans le système bancaire afin de rassurer les citoyens et éviter toute spéculation ou rumeur susceptible d’alimenter l’inquiétude économique », recommande l’organisation.
Le CNOSCG appelle également le gouvernement, les institutions financières et les opérateurs économiques à ouvrir un cadre de concertation avec les organisations de la société civile, les acteurs économiques et les associations de consommateurs afin d’identifier des solutions durables aux difficultés d’accès aux liquidités.
Par ailleurs, l’organisation exhorte les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de contrôle pour garantir un accès normal et équitable aux services financiers. Elle invite aussi les institutions financières et les opérateurs économiques à respecter strictement les règles de transparence dans leurs opérations. Elle interpelle en outre les distributeurs et les points de service de mobile money, notamment Orange Money, les appelant à éviter toute pratique de surfacturation susceptible d’aggraver la situation des populations.
Le CNOSCG rappelle que la confiance des citoyens dans les institutions financières constitue un élément central de la stabilité économique et sociale. « La confiance économique d’une nation ne se décrète pas : elle se construit chaque jour à travers la transparence, la responsabilité et la protection effective des citoyens », conclut l’organisation, qui réaffirme sa disponibilité à contribuer aux réflexions et initiatives visant à renforcer la transparence et la protection des citoyens.
