Le président d’honneur du Bloc Libéral, Faya Millimouno, a accompli son devoir civique en votant, ce 31 mai 2026 à Enta, dans la commune de Tombolia.
À la sortie du bureau de vote, il a d’abord salué sa participation au processus électoral, tout en relevant plusieurs dysfonctionnements observés et rapportés dans le déroulement du scrutin. Il a notamment déclaré : «On nous a signalé qu’il y a des listes d’émargement qui manquent par endroits. Il y a des listes d’enregistrement de vote par procuration qui manquent par endroits. Il y a des listes de vote par dérogation qui manquent par endroits. »
Il a toutefois précisé que ces manquements ne seraient pas généralisés. « Ici, ce que j’ai constaté, c’est que tout est complet. Cela m’a été confirmé par le président du bureau de vote que tous les documents sont complets. Nous avons quand même le souci que dans beaucoup d’autres endroits, on nous dit qu’il n’y a même pas de PV encore sur place. Or, c’est après le vote que le document doit être fait sur place, que le PV soit rempli et une copie affichée. C’est ce que la loi dit. Si déjà, on constate que parmi le matériel qui a été fourni, il n’y a pas de PV, pour certains scrutins, il y a des inquiétudes qu’il faut avoir »
L’ancien président du Bloc Libéral rapporte également des cas d’exclusion de représentants politiques dans certains bureaux. « J’ai eu par exemple un appel d’un secteur de Bolodou où on nous a déjà signalé que le délégué du Bloc libéral a été chassé de la salle. Mais si déjà on peut être capable de sortir de la salle quelqu’un qui représente une entité politique en compétition, c’est un manquement déjà très grave » a-t-il déploré, avant d’ajouter : « Nous avons également obtenu plusieurs bureaux de vote notamment à Gueckédou où on nous a signalé qu’il y a des éléments qui manquent comme le PV par exemple.»
Faya Millimouno a par ailleurs exprimé des réserves sur la crédibilité du fichier électoral, qu’il juge disproportionné par rapport à la population. «Comme vous le savez, c’est maintenant qu’on nous annonce par rapport à ces élections que le fichier électoral a augmenté de 2,7 millions d’électeurs. C’est-à-dire que de 6,7 millions d’électeurs à la présidentielle, nous venons de voir le fichier grimper à 9,4 millions d’électeurs. Et pour une population de 17 millions d’habitants, c’est un ratio qui n’existe nulle part dans le monde. »
Il a exprimé ses inquiétudes sur la crédibilité du processus en cours : « Ce que je vois maintenant, ce n’est pas très encourageant. Nous sommes sur le terrain un peu partout. Je vais prendre des informations avec les collègues qui sont à travers la ville de Conakry, à travers l’intérieur du pays, pour savoir effectivement quelle est l’affluence. Parce qu’on ne va pas nous sortir des chiffres du genre 99% ont participé au vote, alors que maintenant là, nous constatons qu’il y a effectivement un vide.»

