Quelques jours après le tirage au sort des éliminatoires de la CAN 2027, le consultant sportif guinéen Thierno Saidou Diakité a livré son analyse sur les chances de qualification du Syli national. La Guinée a hérité du groupe D en compagnie de l’Afrique du Sud, du Kenya et de l’Érythrée. Un groupe que plusieurs observateurs jugent particulièrement relevé pour le Syli national, surtout avec la présence du Kenya, pays coorganisateur de la compétition et déjà qualifié d’office.
Dans un entretien accordé à Guinée360 ce samedi 23 mai, l’observateur du football guinéen estime que le Syli devra réunir plusieurs conditions pour espérer décrocher son billet pour la phase finale.
Dès l’entame de l’entretien, Thierno Saidou Diakité affiche sa réserve sur l’issue du tirage. « À mon avis, nous sommes mal tombés. Le Kenya étant l’un des pays organisateurs, il est automatiquement qualifié. Dans ce groupe de quatre équipes, il ne reste donc qu’une seule place à disputer entre l’Afrique du Sud, l’Érythrée et la Guinée. Quoi qu’on dise, le pays organisateur pourrait toujours bénéficier de certains avantages. C’est donc une situation compliquée pour nous. Mais nous ne devons pas être défaitistes », a-t-il déclaré, précisant toutefois que la Guinée a ses chances.
« Il faudra bien se préparer et jouer sans complexe lors de ces éliminatoires qui débuteront le 21 septembre », a-t-il ajouté.
Pour le consultant sportif, l’un des principaux défis du Syli national reste la question des matchs à domicile. Depuis plusieurs années, la Guinée est contrainte de recevoir ses rencontres officielles hors de ses frontières en raison de la non-homologation de ses infrastructures sportives par la CAF. Une situation qui, selon lui, handicape considérablement l’équipe nationale.
« La première condition, c’est que la Guinée puisse rejouer ses matchs à Conakry, notamment contre l’Afrique du Sud. Lors de la dernière CAN au Maroc, tous les matchs de la Guinée avaient été délocalisés, ce qui nous a beaucoup pénalisés. La deuxième condition, c’est que la Fédération guinéenne de football et le ministère des Sports mettent l’équipe nationale dans les meilleures conditions de préparation. Il y a déjà un match prévu le 4 juin dans le cadre de la fenêtre FIFA contre le Niger. Ensuite, il faudra négocier d’autres matchs amicaux avant le début des éliminatoires en septembre. »
Au-delà des aspects techniques et organisationnels, Thierno Saidou Diakité s’est également exprimé sur les réactions attribuées au sélectionneur du Syli national, Paulo Duarte, après le tirage au sort.
Certains observateurs ont évoqué une certaine frustration du technicien portugais face à la composition du groupe.
Pour le consultant, cette posture pourrait être interprétée comme une manière d’anticiper une éventuelle contre-performance.
« Oui, je pense que c’est une manière de préparer les esprits à une éventuelle élimination. Mais, à mon avis, ce n’est pas un discours qu’un sélectionneur national devrait tenir. L’un des objectifs fixés dans son contrat est de qualifier la Guinée pour la CAN 2027 et d’emmener l’équipe jusqu’au dernier carré. Je trouve donc qu’il a été maladroit dans sa communication. »
Malgré les difficultés annoncées, l’analyste sportif appelle toutefois le sélectionneur à assumer pleinement ses responsabilités et à maintenir un discours ambitieux autour du projet sportif du Syli national.
« Absolument. Il doit prendre son destin en main et assumer pleinement les objectifs fixés dans son contrat. Il s’est engagé à qualifier la Guinée et à atteindre les demi-finales de la CAN 2027. C’est sur cela qu’il doit concentrer son discours et son travail. »
À quelques mois du démarrage des éliminatoires, prévu en septembre prochain, la Guinée apparaît donc face à un défi majeur. Entre contraintes logistiques, nécessité d’une meilleure préparation et pression des résultats, le Syli national devra rapidement trouver les réponses adéquates pour espérer retrouver la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations en 2027.

