Après le déclassement, annoncé par décret du chef de l’État le 16 octobre 2026, de plusieurs emprises foncières situées dans la zone industrielle de Simbaya-Wanindara et sur l’île de Kassa, les autorités précisent les modalités de régularisation des occupants. Le directeur national de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme (DATU), Amadou Doumbouya, explique les prochaines étapes et les conditions auxquelles les habitants pourront obtenir leurs titres fonciers.
À Simbaya-Wanindara, la superficie concernée est de 315 hectares, 38 ares et 35 centiares. Sur l’île de Kassa, le déclassement porte sur 435 hectares, 49 ares et 32,85 centiares.
Le décret prévoit que ces zones feront l’objet d’opérations de restructuration, de régularisation et d’aménagement au bénéfice de leurs occupants actuels, conformément au Code de l’urbanisme et au Code foncier et domanial.
Pour Amadou Doumbouya, la première étape consiste à organiser l’occupation de ces espaces en tenant compte des exigences de l’urbanisme. « Donc, nous, du côté technique, nous devons travailler sur un plan de restructuration. Qui parle de plan de restructuration, parle d’une correction, d’une occupation, tout en respectant le règlement d’urbanisme. Et ce règlement d’urbanisme, aujourd’hui, parle d’une question d’accessibilité aux propriétés, mais aussi d’un équilibre au niveau des équipements », a-t-il expliqué dans l’émission Guinée Today sur Tele24.
Ce travail devra notamment permettre de mieux organiser les zones concernées et de prévoir les équipements collectifs indispensables, comme les écoles et les hôpitaux. La restructuration doit ainsi permettre de concilier les occupations existantes avec les besoins en infrastructures et les règles d’aménagement.
La régularisation viendra ensuite. Selon le directeur national de la DATU, une commission sera mise en place sous l’autorité du ministère chargé de l’Urbanisme pour encadrer le processus. « Pour la régularisation, à travers le ministre en charge de l’Urbanisme, nous allons définir et mettre en place une commission qui va permettre non seulement de travailler sur le plan de restructuration qui va être validé. Après l’évaluation du plan de restructuration, nous allons évaluer les occupations. Chaque personne qui occupe une portion de terre, on va définir la superficie et c’est en fonction de ça que les régularisations vont se faire, les gens vont rentrer en possession de leurs petites portions. »
Concrètement, les superficies occupées par chaque personne seront évaluées après la validation du plan de restructuration. Cette étape permettra de déterminer les modalités de régularisation des parcelles et d’identifier les portions de terrain auxquelles les occupants pourront prétendre.
Mais cette régularisation ne sera pas gratuite. Amadou Doumbouya précise que les bénéficiaires devront s’acquitter d’un montant forfaitaire pour obtenir leurs titres fonciers. Le prix sera fixé par l’État en fonction de la superficie concernée et du coût unitaire du mètre carré.
« Ça veut dire quoi exactement ? Lorsque vous avez un domaine de 500 mètres carrés, par exemple, sur lequel vous avez construit, vous avez bâti déjà votre maison, pour avoir votre titre foncier, l’État va définir un prix unitaire de mètre carré. (…) Et nous avons aussi le code de la construction, qui va le définir, c’est-à-dire en termes de réglementation du côté financier. Donc, vous avez un coût au mètre carré qui va être fixé, et ce coût-là, c’est des montants forfaitaires. Vu que c’est l’État même qui décide de régulariser et de permettre à sa population vraiment de faire une acquisition du foncier, donc on fera de telle sorte que cette acquisition soit vraiment avec des montants forfaitaires pour permettre à la population d’être dans une sécurité foncière. Et c’est notre souci majeur aujourd’hui. »
Le montant exact reste donc à définir. L’objectif affiché par les autorités est de permettre aux occupants concernés de sécuriser juridiquement leurs parcelles grâce à des conditions financières forfaitaires. Une démarche qui, selon le directeur de la DATU, vise à faciliter l’accès à la propriété foncière tout en encadrant l’occupation de ces espaces.

