Dans une interview accordée à plusieurs médias, dont Africaguinee, le Premier ministre, Bah Oury, s’est exprimé sur les inquiétudes liées à une possible baisse de participation aux prochaines élections prévues le 31 mai, quelques jours après la fête de Tabaski. Une période traditionnellement marquée par de forts déplacements vers l’intérieur du pays.
Interrogé sur ce risque d’érosion du taux de participation, le chef du gouvernement a d’abord replacé la question dans le contexte des contraintes successives ayant influencé le calendrier électoral. « Initialement, le scrutin était prévu pour le 24 mai. Or, ce dimanche-là correspondait à la Pentecôte. Par respect pour l’importante communauté chrétienne de notre pays, il était inapproprié de maintenir cette date, d’où le report au 31 mai », a-t-il expliqué.
Bah Oury a souligné que ce report s’inscrit dans une logique d’adaptation aux réalités socio-religieuses du pays. Il estime que, quelle que soit la date retenue, des contraintes auraient pu être soulevées. « Si nous étions restés au 24 mai, on m’aurait également demandé si la proximité de la Tabaski, deux ou trois jours plus tard, n’était pas une contrainte », a-t-il ajouté.
Pour le Premier ministre, la gestion du calendrier électoral révèle avant tout la capacité de l’État à assumer ses responsabilités et à s’adapter aux imprévus. « Il faut savoir composer avec les réalités du calendrier. C’est aussi cela la force d’un État : assumer ses responsabilités quelles que soient les circonstances. Nous souhaitons que le planning actuel se déroule correctement, mais gouverner exige d’être prêt à réajuster les plans face aux imprévus pour que les objectifs de la nation soient respectés. »
Alors que les autorités défendent la pertinence de ces ajustements, la question de la mobilisation électorale, dans un contexte de forte mobilité sociale et religieuse, reste posée à l’approche du scrutin.

