« L’école publique est en train de mourir à petit feu », alerte Michel Pépé Balamou

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Au lendemain de la publication des résultats du Certificat d’études élémentaires (CEE), alors que ceux du BEPC et du baccalauréat sont toujours attendus, le Syndicat national de l’éducation (SNE) tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de l’école publique guinéenne. Son secrétaire général, Michel Pépé Balamou, estime que la « transhumance scolaire » prive progressivement les établissements publics de leurs meilleurs élèves, creuse les inégalités entre candidats et menace la survie de l’enseignement public.

Lors d’un point de presse consacré à l’analyse des résultats du Certificat d’études élémentaires (CEE) et à la situation du système éducatif, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a dénoncé les conséquences de la « transhumance scolaire », un phénomène qu’il juge particulièrement préoccupant pour l’avenir de l’école publique guinéenne.

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Pour le responsable syndical, les premiers résultats de cette année illustrent déjà les effets de cette pratique sur l’école publique. « Aujourd’hui, si nous ne corrigeons pas ces pratiques, le système ne pourra pas fonctionner correctement. L’école publique est en train de mourir à petit feu », a-t-il déclaré.

Selon lui, les meilleures performances sont désormais largement réalisées par les établissements privés. « On annonce un taux de réussite de 63,4 %, mais lorsqu’on analyse les résultats, on constate que les écoles privées représentent plus de 80 % des performances », a soutenu Michel Pépé Balamou. « Même à l’intérieur du pays, à Yomou par exemple, le premier est issu d’une école privée », a-t-il ajouté.

Le secrétaire général du SNE estime que les conditions de préparation aux examens demeurent profondément inégales. D’après lui, de nombreux élèves du public, notamment dans les zones rurales, ne bénéficient pas des mêmes ressources que ceux du privé. « Non seulement les enfants du public n’ont pas toujours eu accès aux sujets, mais certains élèves issus des zones rurales, notamment des campements de Hamou ou d’ailleurs, n’ont même pas les moyens technologiques pour accéder à certaines informations. Même certains élèves des écoles publiques en milieu urbain n’ont pas eu accès aux mêmes opportunités », a-t-il affirmé.

À l’inverse, il accuse certains établissements privés d’accorder un accompagnement privilégié à leurs candidats. « Dans certaines écoles privées, des fondateurs réunissaient les candidats pour traiter des sujets, parfois même dès la sixième année. Il existe donc une disparité profonde qui ne dit pas son nom », a-t-il déclaré.

Michel Pépé Balamou distingue par ailleurs deux principales formes de « transhumance scolaire ». La première consiste, selon lui, au départ des meilleurs élèves des établissements publics vers des écoles privées à l’approche des classes d’examen. « Les meilleurs élèves des écoles publiques quittent souvent leur établissement lorsqu’ils arrivent dans les classes d’examen pour rejoindre des écoles privées. Certains fondateurs d’écoles privées font même la promotion de leurs établissements en recrutant les meilleurs élèves, y compris à l’intérieur du pays, en leur proposant parfois une scolarité gratuite afin qu’ils deviennent des premiers ou des lauréats et permettent ainsi à l’école de valoriser ses résultats », a-t-il expliqué.

La seconde forme concerne, selon le responsable syndical, le déplacement de candidats vers certaines préfectures pour y passer les examens. « La deuxième forme de transhumance concerne les élèves qui quittent Conakry pour aller composer à l’intérieur du pays, notamment dans des préfectures comme Siguiri ou Maférinyah. On retrouve parfois des localités avec plusieurs milliers de candidats alors qu’elles ne disposent que d’un seul lycée public », a-t-il indiqué.

Face à cette situation, le secrétaire général du SNE appelle à un meilleur suivi du parcours scolaire des élèves afin de freiner ce phénomène. « Il faudrait maintenant mettre en place des mécanismes pour suivre les élèves dans leur parcours scolaire. Sinon, je vous le dis, les écoles publiques vont continuer à perdre leurs meilleurs éléments », a-t-il prévenu.