Cinq jours après son enlèvement survenu le mercredi dernier à Yimbaya Faban dans la commune de Gbessia à Conakry, une affaire qu’il attribue à des éléments des services spéciaux, Ibrahima Zakaria Touré a finalement été présenté devant le tribunal de première instance de Mafanco ce lundi 13 juillet 2025, en compagnie de son avocat, Me Almamy Traoré. Ce dernier a obtenu sa mise en liberté provisoire sous conditions.
Selon le procès-verbal transmis au parquet de Mafanco, Ibrahima Zakaria Touré est poursuivi pour des faits présumés d’outrage à agent et de diffusion d’images de nature à troubler l’ordre public.
Dans une interview accordée ce mardi 14 juillet 2026, le jeune homme s’est réjoui de sa remise en liberté avant de revenir sur les conditions de son interpellation et de sa détention. « Je remercie Dieu le tout puissant Allah d’avoir permis à mon conseil de localiser mon lieu de détention et je le remercie profondément pour tous les efforts qu’il a consentis. C’est un sentiment de joie et de soulagement d’être de retour et de retrouver ma famille, dont les membres n’ont cessé de témoigner leurs manques d’affection durant mon interpellation », a-t-il déclaré.
Revenant sur les circonstances de sa détention, Ibrahima Zakaria Touré a dénoncé des conditions qu’il qualifie de particulièrement difficiles, évoquant également des actes de torture qu’il affirme avoir subis. « Ce qui m’était arrivé, je ne le souhaite à personne de revivre cette histoire pareille. Depuis mon enlèvement le mercredi aux environs de 14h00 jusqu’au samedi, dans l’après-midi, aucune personne de ma famille, que ce soit proche ou lointaine, ne connaissait ma destination et moi-même, j’ignore où j’étais et jusqu’à présent, je ne peux reconnaître ce lieu à Conakry », a-t-il expliqué.
Poursuivant son témoignage, il a ajouté : « La condition ou les conditions dans lesquelles j’étais, je le souhaite à personne, même à mon pire ennemi qui ne veut aucun bien pour moi sous cette terre. J’ai subi des tortures que je n’ai jamais eues dans ma vie. C’est la première fois que je traverse cette épreuve », a-t-il conclu.
Il faut rappeler que les cas d’enlèvement sont récurrents à Conakry. Plusieurs activistes dont Abdoul Sako du Forum des forces sociales de Guinée, Me Mohamed Traoré ancien Bâtonnier en ont été victimes. Tandis que les activistes Foniké Mengué et Billo Bah, le journaliste Habib Marouane Camara sont portés disparus depuis plus de deux ans.

