Affaire Madifing Diané-Djiba Diané : audience sous tension, le Tribunal ordonne la comparution d’un témoin clé

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Les débats se sont poursuivis ce mercredi 8 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel de Dixinn dans l’affaire opposant l’ancien ministre de la Sécurité, Madifing Diané, à Djiba Diané. Cette nouvelle audience a été marquée par un interrogatoire nourri de la partie civile, des échanges parfois vifs entre les avocats et les parties, ainsi que par une décision importante du Tribunal : faire comparaître Mamadou Diallo, présenté comme un témoin susceptible d’éclairer les débats.

Dès l’ouverture de l’audience, le juge a donné la parole à la défense. L’avocat de Djiba Diané a entrepris d’interroger Madifing Diané sur les éléments censés caractériser l’infraction d’abus de confiance reprochée à son client.

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La défense a notamment demandé à l’ancien ministre de préciser les documents sur lesquels il s’appuyait pour affirmer que sa fille avait remis un véhicule de marque Hyundai à Djiba Diané.

En réponse, Madifing Diané a indiqué que les factures d’achat du véhicule avaient été transmises au procureur de la République.

Mais pour la défense, aucune pièce versée au dossier ne permettrait d’établir la remise effective de ce véhicule. L’avocat a alors produit un document présenté comme un témoignage attribué à un certain Muller, présenté comme l’époux de la fille de Madifing Diané. Dans ce document, il serait indiqué que le véhicule Hyundai appartiendrait à Djiba Diané.

Une affirmation contestée par Madifing Diané, qui a rejeté la valeur de cette pièce, estimant qu’il s’agissait simplement de « faux et usage de faux ».

Poursuivant ses questions, la défense a demandé à la partie civile si elle disposait d’une facture prouvant que le véhicule appartenait réellement à sa fille. Là encore, les avocats de Djiba Diané ont soutenu qu’aucun élément du dossier ne permettait d’établir cette propriété.

Abordant la seconde infraction reprochée à Djiba Diané, celle de faux en écriture publique, la défense a interrogé Madifing Diané sur les faits précis qui auraient été falsifiés.

« En ce qui concerne la seconde infraction, qu’est-ce que Djiba Diané a falsifié pour qu’il soit accusé de faux en écriture publique ? », a demandé l’avocat.

Madifing Diané a répondu qu’il n’était pas devant le Tribunal dans le but d’entraver la carrière de quelqu’un, mais qu’il estimait que l’auteur des faits était connu de tous.

La défense a ensuite contesté un document d’immatriculation relatif au second véhicule, présenté par le CADAC. Selon l’avocat, cette pièce ne ferait apparaître aucune mention d’une quelconque falsification.

Madifing Diané a maintenu ses accusations, affirmant qu’il y avait bien eu falsification. Selon lui, les plaques d’immatriculation auraient été établies sur la base de fausses identités.

L’avocat de Djiba Diané a persisté dans son argumentation, soutenant qu’aucune preuve ne permettait de retenir les accusations portées contre son client. Il a également rappelé que Djiba Diané ne travaillait pas au CADAC et ne pouvait, selon lui, être tenu responsable d’une éventuelle falsification de documents administratifs.

Au fil des débats, le ton est progressivement monté entre la défense et la partie civile. L’avocat de Djiba Diané s’est déclaré offusqué par l’attitude de Madifing Diané à la barre, estimant que celui-ci répondait aux questions sans retenue.

Il a précisé que ses propres interventions demeuraient mesurées « compte tenu de l’âge et du statut » de l’ancien ministre.

Prenant la parole à son tour, l’avocat de la partie civile a développé son analyse autour de l’infraction de faux. Il a distingué le faux matériel du faux intellectuel, expliquant que ce dernier consiste à utiliser un document ou une structure authentique pour y introduire de fausses informations, contrairement au faux matériel qui suppose une modification directe du support.

Selon lui, les faits reprochés dans cette procédure relèveraient du faux intellectuel. Il a également mis en cause le rôle du CADAC, évoquant une possible complicité.

Au cours de son intervention, l’avocat a demandé à son client s’il avait assisté à la signature d’un acte de mariage entre sa fille et un certain Muller.

Madifing Diané a rejeté cette affirmation, la qualifiant de « la pire diffamation ».

Le président du Tribunal est ensuite intervenu pour clarifier la qualité dans laquelle comparaissait Madifing Diané. L’ancien ministre a indiqué qu’il agissait sur la base d’une procuration régulièrement versée au dossier, en qualité de représentant de sa fille.

Le ministère public est également revenu sur plusieurs documents relatifs à des transferts d’argent effectués depuis l’étranger entre Kanis Komara Diané et Djiba Diané.

Madifing Diané a expliqué que ces documents n’avaient jamais servi à financer l’achat des véhicules litigieux. Selon lui, ils avaient uniquement été produits pour démontrer l’existence d’une relation étroite entre les deux anciens collaborateurs.

Reprenant la parole, l’avocat de Djiba Diané a demandé à Madifing Diané de communiquer le numéro de téléphone utilisé lors de ces transferts afin qu’une réquisition puisse être adressée à Orange pour vérification.

L’ancien ministre a estimé que cette demande était sans rapport avec l’objet de sa plainte.

Dans la foulée, la défense a accusé le plaignant de vouloir porter atteinte à l’image de Djiba Diané, allant jusqu’à qualifier son client « d’un ange ».

Une déclaration qui a visiblement surpris Madifing Diané. Manifestement irrité par cette formule, alors qu’il poursuit Djiba Diané pour faux, usage de faux et abus de confiance, il a lancé à haute voix : « Allahou Akbar » à trois reprises.

Cette réaction a provoqué des rires dans la salle d’audience. Le président du Tribunal a alors rappelé le public à l’ordre afin de permettre la poursuite des débats.

Après l’interrogatoire de la partie civile, Djiba Diané a été appelé à la barre.

Le président du Tribunal lui a demandé s’il connaissait un certain Mamadou Diallo, dont le nom apparaît sur un document d’immatriculation versé au dossier.

Le prévenu a répondu que Mamadou Diallo était l’intermédiaire entre lui et Kanis Komara Diané.
La partie civile lui a ensuite demandé s’il avait communiqué la véritable identité de Mamadou Diallo. Djiba Diané a répondu par l’affirmative.

L’avocat de Madifing Diané s’est alors déclaré « effaré » de constater que l’un des véhicules litigieux se trouverait entre les mains de Mamadou Diallo.

De son côté, l’avocat de la défense a sollicité la comparution de ce dernier devant le Tribunal, précisant qu’il se trouvait à proximité du palais de justice.

Le ministère public a estimé que le Tribunal pouvait accéder à cette demande s’il considérait que ce témoignage était susceptible d’éclairer sa décision. Il a toutefois sollicité le renvoi du dossier afin de permettre cette comparution lors d’une prochaine audience.

La partie civile s’est opposée à cette demande, estimant cette comparution inopportune au motif que Mamadou Diallo entretiendrait un lien de parenté avec Djiba Diané.

Les débats se sont ensuite poursuivis autour de la propriété des véhicules litigieux, chaque partie revendiquant la propriété de l’un d’entre eux.

Le président du Tribunal a rappelé qu’une précédente décision avait ordonné le maintien du véhicule Range Rover à la disposition de la justice jusqu’à l’issue définitive de la procédure.
À l’issue des échanges, le Tribunal a ordonné la comparution de Mamadou Diallo et a réservé la question du véhicule aux débats sur le fond.

L’affaire a été renvoyée au 15 juillet 2026 pour la poursuite des débats, avec la possibilité de voir intervenir les réquisitions du ministère public ainsi que les plaidoiries des parties.