Affaire Elhadj Nouhou Diallo : la victime entendue à huis clos, le procès renvoyé au 16 juillet

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Le procès d’Elhadj Nouhou Diallo, imam et fondateur des écoles, poursuivi pour des faits présumés de viol sur mineur et complicité d’avortement, a connu un nouveau développement ce jeudi 9 juillet 2026 devant le Tribunal criminel de Dixinn.

Après une audience publique marquée par de vifs échanges entre les différentes parties, la juridiction a décidé de poursuivre les débats en chambre du conseil afin de procéder à l’audition de la victime à huis clos. À l’issue de plusieurs heures de débats tenus hors de la présence du public, le Tribunal a finalement renvoyé l’affaire au 16 juillet 2026 pour la poursuite de son examen.

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Au début de l’audience, le Tribunal a entendu Raphaël Fangamou, seul prévenu placé en détention dans cette procédure. Appelé à la barre, il a livré sa version des faits en réponse aux accusations de complicité portées contre lui.

À la suite de cette déposition, les échanges se sont intensifiés entre la partie civile et le ministère public.

Le Tribunal a ensuite appelé Abdoulaye Bah, oncle de la victime et plaignant dans cette affaire. Dès le début de son intervention, il a sollicité le renvoi du dossier en chambre du conseil. Le président du Tribunal lui a toutefois rappelé que cette question avait déjà été examinée.

Prenant la parole, un avocat de la partie civile a renouvelé la demande de huis clos, estimant que la nature particulièrement sensible des faits reprochés justifiait une telle mesure.

« L’auteur principal n’est même pas là, on commence par le complice, si on veut rendre une bonne justice, il faut commencer par l’auteur principal. On peut renvoyer ce dossier et tenir même les audiences dans votre bureau », a-t-il plaidé.

L’avocat a également insisté sur la nécessité d’obtenir la comparution d’Elhadj Nouhou Diallo, principal mis en cause dans cette procédure.

Au cours des échanges, l’un des conseils de la partie civile a aussi mis en cause les démarches entreprises par le parquet pour obtenir la comparution de l’accusé, estimant que le ministère public devait mobiliser tous les moyens nécessaires afin d’assurer sa présence devant la juridiction.

De son côté, le ministère public a indiqué ne pas s’opposer à la tenue d’une audition à huis clos. La défense s’est également déclarée favorable à cette option, tout en demandant que le dossier ne soit pas renvoyé à une autre date, faisant valoir que son client avait déjà suffisamment souffert de sa détention préventive.

Le juge a rappelé que la juridiction devait garantir le respect des droits de toutes les parties. Il a souligné que si les audiences sont, en principe, publiques, la loi permet toutefois d’entendre une victime à huis clos lorsque les circonstances l’exigent.

La partie civile a notamment insisté sur le caractère particulièrement sensible des pièces médicales versées au dossier, notamment les images relatives à la prise en charge de la victime à l’hôpital Ignace Deen, pour justifier la tenue des débats en chambre du conseil.

Estimant cette requête fondée, le Tribunal a décidé de poursuivre l’audience en chambre du conseil afin de procéder à l’audition de la victime, Rouguiatou Diallo, hors de la présence du public. Au cours de cette phase de la procédure, celle-ci a été assistée par son oncle, Abdoulaye Bah.

À la reprise de l’audience publique, aux environs de 16 heures, le président du Tribunal, Mamady Sangaré, accompagné des autres membres de la formation de jugement, a fait son entrée dans la salle avant de rappeler à la barre Raphaël Fangamou.

Prenant la parole, le ministère public, représenté par le procureur Fanka Oularé, a indiqué que les débats en chambre du conseil s’étaient déroulés dans le strict respect des dispositions légales en vigueur. Il a précisé que cette phase de l’audience avait notamment permis une confrontation entre la victime et l’accusé.

Considérant que l’instruction des débats devait se poursuivre, le parquet a sollicité le renvoi de l’affaire à une audience ultérieure afin de permettre la continuation de l’examen du dossier.

Faisant droit à cette demande, le président du Tribunal a ordonné le renvoi de l’affaire au jeudi 16 juillet 2026.

Sauf nouvel incident de procédure, cette prochaine audience devrait être consacrée à la poursuite des débats. Elle pourrait être suivie des réquisitions du ministère public ainsi que des plaidoiries de la défense.

Pour rappel, le recours au huis clos, prévu par les textes applicables, vise à protéger la vie privée des victimes et à préserver leur dignité dans les affaires présentant une sensibilité particulière.

Le principal accusé, Elhadj Nouhou Diallo, devrait comparaître personnellement à l’audience du 16 juillet 2026, sauf changement de dernière minute.