La décision du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) de dissoudre plusieurs formations politiques continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Parmi les partis concernés figure le Parti du Renouveau et du Progrès (PRP), dirigé par Rafiou Sow, qui dénonce une mesure qu’il juge infondée.
Contacté par le média en ligne Guinée360, le président du PRP n’a pas tardé à réagir à cette décision prise par l’administration territoriale pour manquements aux obligations légales. Rafiou Sow se dit profondément surpris et déplore ce qu’il considère comme une injustice à l’encontre de sa formation politique. « On nous reprochait de n’avoir pas fourni la liste de nos membres et la certification de nos comptabilité, du moins, c’est ce qui stipulait le premier courrier du MATD en date du 20 Août 2025 », a-t-il expliqué, revenant sur les premiers échanges entre son parti et le MATD.
Selon lui, le PRP avait pourtant entrepris les démarches nécessaires pour répondre aux exigences formulées par le ministère. « Le 06 Octobre 2025, nous avons adressé un courrier réponse au ministre, avec tous les documents demandés en attache », a-t-il soutenu.
Malgré ces démarches, le responsable politique affirme avoir reçu un nouveau courrier du MATD quelques semaines plus tard, prolongeant la suspension du parti. Une décision qu’il juge incompréhensible au regard des démarches déjà entreprises. « Le même ministre nous a adressé un second courrier qui dit que notre suspension était prolongée de six supplémentaires, du fait qu’on n’avait pas fourni la certification de notre comptabilité pour les années 2022 et 2023. Alors qu’au début, il n’était pas précisé qu’on devait fournir pour les trois dernières années (2024,2023 et 2024). Le 06 Janvier 2026, nous avons déposé les documents susmentionnés dans le dernier courrier du ministre », précise-t-il.
Depuis cette dernière transmission de documents, le leader du PRP affirme n’avoir reçu aucune réponse officielle du département en charge de l’administration du territoire. « Depuis, aucune réaction du MATD et de son ministre. Le vendredi 06 Mars 2026, nous avons été stupéfaits d’apprendre dans les médias en ligne, que notre formation politique. Le PRP faisait partie d’une liste de 40 partis politiques dissoute par le MATD », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, Rafiou Sow assure toutefois ne pas être surpris par la décision des autorités. Il évoque même une série d’injustices que son parti aurait subies de la part de certains responsables de l’administration. « Ça ne nous étonne pas. Nous nous attendions à cette décision injuste et injustifiée. Nous avons subi beaucoup d’injustice de la part de certains cadres du MATD et plus précisément, madame la directrice des élections ».
Le président du PRP évoque notamment une conférence de presse animée par la directrice générale des élections, qu’il accuse d’avoir publiquement mis en cause sa personne. « Vous vous souviendrez qu’elle avait animé une conférence de presse juste pour dénigrer le président du PRP, Rafiou Sow en le traitant de militant de l’UFDG et de porte-parole de Cellou Dalein, alors qu’elle venait d’être nommée directrice générale des élections. C’était sa façon de justifier la suspension du PRP et le refus d’imprimer une carte d’électeur à son président Rafiou Sow », a-t-il conclu, affirmant qu’il s’en remet désormais à la volonté de Dieu.
Cette décision du MATD, qui concerne plusieurs dizaines de formations politiques, intervient dans un contexte de réorganisation du paysage partisan en Guinée, alors que les autorités affirment vouloir assainir et encadrer davantage le fonctionnement des partis politiques.



