Le ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation (MATD) a annoncé, dans la nuit du vendredi 6 mars 2026, la dissolution de quarante partis politiques en Guinée. Parmi les formations concernées figurent notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et l’Union des forces républicaines (UFR).
Réuni en assemblée générale hebdomadaire à son siège national de Nongo ce samedi 7 mars 2026, le Mouvement démocratique libéral (MoDeL) a réagi à cette décision en exprimant de vives inquiétudes quant à ses implications pour la démocratie guinéenne.
« Cette question de dissolution va à l’encontre des principes démocratiques connus de tous. Elle touche directement à la démocratie en Guinée, car beaucoup s’interrogent sur les véritables motifs de cette décision », a déclaré le porte-parole du parti, Moïse Diawara.
Selon lui, de nombreuses zones d’ombre subsistent quant aux raisons exactes ayant conduit à cette vague de dissolutions. « Aujourd’hui, beaucoup se réfèrent à l’évaluation des partis politiques récemment initiée par le MATD, au terme de laquelle le MoDeL, par exemple, a obtenu son attestation de conformité. Mais qu’est-ce qui est réellement à la base de cette dissolution ? Nous n’en savons rien. Donc il y a énormément d’interrogations », a-t-il poursuivi.
Le responsable politique estime toutefois que, dans le contexte sociopolitique actuel du pays, cette décision n’est pas totalement inattendue. « Cependant, le contexte sociopolitique actuel du pays nous pousse à dire que ce n’est pas totalement étonnant. La question de la violation des principes démocratiques n’a pas commencé avec cette dissolution. C’est pourquoi il faut toujours approfondir l’analyse autour de ces questions », a-t-il expliqué.
Pour illustrer son propos, Moïse Diawara a comparé certaines pratiques institutionnelles à des contrôles routiers. « Aujourd’hui, il y a des cas qui nous poussent à penser que, dans ce contexte, il n’est pas surprenant qu’un parti soit dissous. Parfois, le système de contrôle en République de Guinée ressemble à celui que les policiers appliquent aux usagers de la route. On vous demande la carte grise, vous la présentez ; on vous demande la vignette, vous la présentez. Mais vous savez que ces questions ne sont pas forcément le fond du problème. Au fond, il y a autre chose qui est recherchée. Cela n’a parfois rien à voir avec les documents, même si l’on donne une forme légale au contrôle », a-t-il soutenu.
Le porte-parole du MoDeL estime également que la participation aux élections ne devrait pas être un sujet de débat pour un parti politique. « La question de la participation aux élections ne devrait même pas se poser pour un parti politique. La véritable question concerne plutôt le mécanisme d’organisation de ces élections. Vous ne pouvez pas demander à un joueur s’il s’entraîne pour jouer. Un parti existe parce qu’il aspire à conquérir et à exercer le pouvoir. Nous travaillons sur un projet de société et nous nous battons chaque jour pour gagner la confiance de nos concitoyens », a-t-il affirmé.
Il conclut en rappelant que le choix de participer ou non à un scrutin peut aussi relever d’une question de principes. « Dans des conditions normales, la participation est automatique. Mais ce qui peut empêcher un parti attaché aux principes démocratiques de prendre part à une élection, c’est lorsqu’il constate une violation flagrante des règles, la mauvaise foi ou un manque de volonté. Dans ces cas-là, nous choisissons le principe. »


