Un violent incendie a ravagé la plage de Rogbané, dans le quartier Taouyah (commune de Ratoma), dans la nuit du mardi 6 au mercredi 7 janvier 2026, aux environs de 4 heures du matin. Le bilan provisoire fait état d’un mort et de pertes matérielles estimées à plusieurs milliards de francs guinéens.
La victime, un jeune homme d’une vingtaine d’années, était le gérant d’un restaurant situé sur le site. L’émotion est palpable sur place, où les habitants et commerçants affectés tentent de mesurer l’ampleur du drame.
Idrissa Condé, gérant de la plage, avance la thèse d’un acte criminel et décrit une situation qu’il qualifie d’intolérable : « Les dégâts s’élèvent à plusieurs milliards, parce que les gens ont beaucoup investi. Ce sont des familles qui vivent ici. À 4 heures du matin, on m’a appelé. En cinq minutes, plus de 25 stands sont partis en fumée. Le feu courait dans les deux sens. Avant ça, nous avions reçu des menaces, adressées à la police, à la gendarmerie, à la mairie et même au gouvernement. On a signalé des noms, identifié des groupes de jeunes qui étaient là. Ils ont promis de brûler, et ils l’ont fait. »
Sous le choc, le gérant dénonce l’inaction des autorités malgré les alertes répétées : « On dirait qu’on n’est pas dans un pays, qu’il n’y a pas d’État. Nous avons porté plainte à plusieurs reprises, sans réaction. Maintenant, l’État est saisi. Nous allons reporter nos plaintes et espérons que justice sera faite.»
Il s’interroge également sur certaines décisions administratives prises après le drame : « On nous demande de tout fermer d’abord, avant qu’on ne voie quoi faire. Ce n’est pas normal. Ceux qui doivent accompagner les enquêtes nous disent de partir. Qu’ils fassent leur travail et rendent justice pour nous, car nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes. »
Parmi les nombreuses victimes, Salematou Doumbouya, vendeuse de boissons sur la plage, témoigne de ses pertes : « J’avais récemment rénové mon stand pour les fêtes. Tous mes objets ont été brûlés, y compris dix congélateurs remplis de boissons. Nous avons compté les pertes avec le gérant, cela représente environ 40 millions de francs guinéens. Avant l’incendie, les jeunes avaient déjà menacé de brûler ici et nous avions alerté les autorités. Aujourd’hui, nous demandons leur assistance pour nous aider.»
L’accès au lieu du sinistre est déjà sécurisé par la gendarmerie et la police. Une enquête est ouverte pour déterminer les causes exactes de l’incendie et situer les responsabilités.


