Dans un décret pris ce mardi 3 novembre 2026, le président Mamadi Doumbouya a convoqué le corps électoral pour le 29 novembre prochain, date retenue pour l’élection des conseillers régionaux. Les élections sénatoriales, quant à elles, sont prévues le 20 décembre 2026.
À la suite de cette annonce, le président du Bloc Libéral (BL), Oumar Sanoh, a pris acte de la décision présidentielle. S’il salue une étape dans le processus de mise en place des institutions républicaines, il insiste néanmoins sur les garanties nécessaires à la tenue d’élections libres, transparentes, crédibles, inclusives et équitables.
Dans une interview accordée à Guinee360.com, le responsable politique a d’abord souligné l’importance de cette décision pour la suite du processus institutionnel. « Au sein du Bloc Libéral, nous prenons acte de ce décret important relatif à la convocation du corps électoral, qui constitue une étape importante dans le processus de mise en place des institutions républicaines. »
Mais pour Oumar Sanoh, l’annonce des dates ne suffit pas à garantir la crédibilité d’un scrutin. Au-delà du calendrier électoral, ce sont surtout les conditions dans lesquelles les élections seront organisées qui comptent. Le président du BL met ainsi en garde contre toute confusion entre la tenue d’un vote et l’existence d’une véritable démocratie. « Il faut éviter de confondre la fixation d’une date électorale à la garantie d’une véritable démocratie. Pour le bloc libéral, une élection ne se résume pas à une date inscrite dans un décret présidentiel ; elle doit être libre, transparente, inclusive, organisée dans le strict respect des lois qui gouvernent le processus. »
Sur la participation de sa formation politique aux prochaines échéances, Oumar Sanoh se montre sans ambiguïté. Le Bloc libéral entend prendre part aux sénatoriales. « Le Bloc libéral est prêt à compétir sur le terrain et nous comptons participer à ces élections, mais nous demandons aux autorités compétentes de réunir toutes les conditions nécessaires pour qu’il y ait une élection transparente, libre, équitable et crédible acceptée de tous. »
Le décret présidentiel prévoit par ailleurs la mobilisation de plusieurs départements ministériels pour veiller à son application. Sont notamment concernés les ministères de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, de la Justice et des Droits de l’Homme, de la Sécurité et de la Protection civile, ainsi que le ministère délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget figure également parmi les départements impliqués.
Cette mobilisation administrative suscite toutefois une mise en garde du président du Bloc Libéral. Pour Oumar Sanoh, la participation des différents ministères doit s’inscrire dans un cadre strictement institutionnel, sans interférence dans le processus électoral ni dans les choix des électeurs.
« La mobilisation des départements ministériels est une exigence administrative et normale relative à un processus, mais elle ne constitue pas à elle seule une garantie indépendante du processus électoral. Nous rappelons qu’une administration doit être au service de la République et non au service d’une formation politique, c’est ce que nous avons toujours dénoncé en Guinée. Les ministères concernés doivent exercer leurs responsabilités dans le strict respect des compétences, des interférences et des choix des électeurs. Ils ne doivent pas s’immiscer dans l’orientation des choix des différents candidats. Il faut qu’ils jouent bien leur rôle et fassent preuve d’impartialité, de responsabilité, de professionnalisme et de transparence par rapport à la mission qui leur est confiée. »

