Après avoir brandi la menace d’une grève générale à compter du 26 janvier pour réclamer notamment la signature de leur statut, la dotation en robes professionnelles et le paiement d’arriérés de salaires, les greffiers de Guinée ont finalement décidé de surseoir à leur mot d’ordre. Une décision motivée par des avancées jugées partielles et par un contexte institutionnel particulier, selon le président de l’Association des greffiers, Mamadou Foré Oularé.
D’après lui, le dépôt du préavis de grève a surtout permis d’ouvrir un cadre de dialogue avec le ministre sortant de la Justice. Si toutes les revendications n’ont pas encore trouvé satisfaction, des actes concrets ont néanmoins été posés, justifiant la suspension de la mobilisation. « On ne dit pas qu’on a été satisfaits à 100 %, mais quand même, il a posé beaucoup d’actes. On a eu des robes, il nous a dotés d’une robe. Et les autres actes qu’il a posés ne relevaient pas de lui. Il ne pouvait que vraiment ouvrir la voie pour nous, pour être en contact avec d’autres services, tels que la fonction publique ou la présidence. »
La démission du gouvernement et l’arrivée d’un nouveau ministre de la Justice ont également pesé dans la balance. Les greffiers disent vouloir éviter toute logique de confrontation dans cette phase de transition. Pour le président de l’Association, il serait inéquitable de faire porter au nouvel entrant la responsabilité des retards accumulés. Il affirme avoir appelé ses collègues à la retenue, tout en maintenant la légitimité des revendications. « J’ai sensibilisé mes collègues à suspendre pour le moment le mot d’ordre de grève. On ne peut pas le prendre pour responsable. Maintenant que Tounkara est venu, tout ce qu’on peut lui dire pour le moment, on a des préoccupations à lui soumettre, mais pas maintenant. Ce qui reste clair, les greffiers sont avec lui. »
Sans renoncer à leurs demandes, en particulier la signature du statut et l’amélioration des conditions de travail, les greffiers entendent désormais laisser le temps au nouveau ministre de s’installer. Ils misent sur le dialogue et la concertation, privilégiant pour l’instant la voie de la négociation à l’épreuve de force.

