Financements extérieurs : sur 4,45 milliards de dollars mobilisés, à peine 23,7 % décaissés, l’Assemblée nationale interpelle le gouvernement

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Sur les 4,45 milliards de dollars de financements extérieurs mobilisés auprès des partenaires techniques et financiers depuis le 5 septembre 2021, l’État n’a pu décaisser que 1,055 milliard. C’est l’un des constats relevés par les députés lors de l’examen du volet recettes du projet de Loi de finances rectificative 2026 (LFR 2026). Derrière ces chiffres, une difficulté persistante : transformer les financements obtenus en projets réellement exécutés.

Les financements sont mobilisés, les enveloppes annoncées, mais leur mise en œuvre peine à suivre. C’est ce qui ressort de l’examen du portefeuille des prêts contractés par l’État depuis le 5 septembre 2021.

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Sur les 55 projets concernés, qui représentent un montant global de 4,45 milliards de dollars américains, seuls 1,055 milliard ont effectivement été décaissés. Le taux de décaissement tourne ainsi autour de 23,7 %. Plus de 3,39 milliards de dollars restent donc à décaisser.

Le constat est d’autant plus préoccupant que 30 des 55 projets affichent un taux de décaissement inférieur à 10 %. Parmi eux, 19 n’ont enregistré aucun décaissement. Des financements pourtant mobilisés, mais qui, pour une partie importante du portefeuille, ne se sont pas encore traduits en ressources effectivement disponibles pour faire avancer les projets.

Cette situation n’est pas sans conséquence. Les financements extérieurs occupent une place importante dans la réalisation des infrastructures et le financement des projets de développement. Lorsque leur décaissement tarde, c’est aussi l’exécution des investissements publics qui prend du retard.

Les populations peuvent alors attendre plus longtemps les routes, les équipements et les services que ces financements sont censés contribuer à réaliser.

Mais les retards ne constituent pas le seul sujet d’inquiétude. Les députés attirent également l’attention sur les charges financières que cette situation peut faire peser sur l’État. Lorsque les conventions de financement le prévoient, les ressources non décaissées peuvent entraîner le paiement de commissions d’engagement.

En clair, le pays risque de supporter des frais sur des montants empruntés qui ne sont pas encore effectivement utilisés pour financer les projets auxquels ils sont destinés. Une dépense supplémentaire qui pose la question de la capacité des administrations et des unités de gestion à assurer une exécution rapide des financements obtenus.

Les députés demandent des comptes et un calendrier d’exécution

Face à cette situation, l’Assemblée nationale appelle le gouvernement à agir rapidement pour lever les obstacles qui freinent la mise en œuvre des projets. Les parlementaires ciblent particulièrement les 19 projets qui n’ont enregistré aucun décaissement et les 11 autres dont le taux reste inférieur à 10 %.

Ils préconisent notamment l’élaboration d’un calendrier précis de décaissement et d’exécution pour chacun des projets concernés. Celui-ci devra fixer des échéances, définir des objectifs mesurables et préciser les responsabilités des départements ministériels ainsi que des unités de gestion impliquées.

L’Assemblée nationale demande aussi une évaluation des commissions d’engagement déjà supportées par l’État au titre des financements non décaissés. Elle souhaite, par ailleurs, la mise en place d’un mécanisme de suivi régulier permettant de vérifier le respect du calendrier établi, avec une communication périodique des résultats aux députés.

Ce dossier soulève une question essentielle : à quoi servent les financements mobilisés si leur exécution ne suit pas ?

Obtenir des engagements financiers auprès des partenaires techniques et financiers ne suffit pas. Encore faut-il que les projets soient prêts, que les procédures avancent et que les administrations concernées disposent des moyens nécessaires pour assurer leur mise en œuvre.

L’enjeu est donc de faire en sorte que les sommes mobilisées se traduisent réellement en investissements et en réalisations visibles. Pour les finances publiques, il s’agit aussi de limiter les charges liées aux ressources qui restent inutilisées.

À travers ses recommandations, l’Assemblée nationale demande ainsi au gouvernement de s’attaquer aux blocages qui empêchent ces financements de produire leurs effets. L’objectif est clair : éviter que des ressources mobilisées au nom du développement du pays ne finissent par peser davantage sur le budget de l’État sans apporter, dans les faits, les bénéfices attendus par les populations.