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25 morts à Galapaye, 6 à Zogota, 100 à Conakry: ces crimes non élucidés qui accablent le régime Condé

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25 morts à Galapaye, 6 à Zogota, 100 à Conakry: ces crimes non élucidés qui accablent le régime Condé

Le bilan d’Alpha Condé c’est aussi un long chapelet de crimes qui sont restés impunis. A-t-on jamais entendu parler de justice pour les victimes des manifestations politiques? Pourquoi l’Etat guinéen continue-t-il de protéger les présumés auteurs et commanditaires de l’expédition punitive des forces de sécurité qui avait fait 6 morts à Zogota en 2012?

Depuis 2010, plus de 200 personnes ont été tuées en Guinée dans des violences politiques et parfois ethno-religieuses dont certains crimes sont restés impunis.

La tragédie dans la région forestière

On se souvient qu’en mai 2011, à Galapaye, des violences à connotation ethno-religieuse avaient fait 25 morts dont 11 calcinés et une trentaine de blessés. Plusieurs habitations furent également incendiées. Ce fut les tous premiers crimes sous le régime d’Alpha Condé élu en 2010.

Galapaye était encore sous le choc quand dans la nuit du 3 au 4 août 2012, des éléments des forces de défense et de sécurité ont mené une expédition punitive à Zogota, localité située dans la préfecture de N’Nzérékoré au Sud de la Guinée. Six personnes furent tuées et une dizaine de blessés, des arrestations arbitraires, des tortures et des destructions des biens.

En dépit des événements, Alpha Condé n’avait pas annulé son déplacement à Abuja les 18 et 19 juillet.

A la suite d’une première plainte en 2012, le procureur du Tribunal de première instance de Nzérékoré s’était déclaré incompétent de faire comparaître les éléments des forces de défense et de sécurité mis en cause. Le collectif des avocats des victimes de Zogota ont déposé une plainte additive en 2018 qui est restée, elle aussi, sans succès. Aucune action judiciaire n’a été engagée contre les préposés de l’Etat mis en cause dans ce massacre.

Koulé: 58 morts

Depuis 2010, la région forestière a subi plusieurs atrocités parfois des violences d’Etat contre la population dont l’explosion de haine à Koulé qui avait pris tout le monde de court entre les 15 et 17 juillet 2013. Les affrontements entre Guerzés et Koniankés avaient fait 58 morts et plus de 100 blessés. Les heurts avaient fini par gagner Beyla où une église avait été incendiée.

Violences meurtrières à Boké en 2017

La région de Boké, zone d’exploitation minière par excellence, les populations manquent de tout, sans eau, ni électricité encore moins des routes, elles avaient crié leur colère en avril 2017. Cinq d’entre elles furent tuées par balles mettant en cause l’intervention des forces de sécurité. Les événements récidivent en septembre de la même. Deux autres jeunes avaient été également tués par balles.

Mandiana : une victime des promesses non tenues

En octobre 2015, un affrontement entre partisans du pouvoir (RPG) et de l’opposition (Ufdg) avait fait 5 morts dans la sous-préfecture de Banankoro, située à 45 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Kérouané. Au moins une personne avait perdu la vie lors d’une manifestation contre les promesses électorales non tenues d’Alpha Condé en septembre 2018.

Violences d’Etat à connotation ethnique

Sur le plan politique, la Guinée a une longue tradition de violences perpétrées lors de processus électoraux. Des dizaines de manifestants et deux membres des forces de l’ordre ont été tués en amont des élections législatives en 2012-2013, et au moins 12 personnes ont été tuées et de nombreuses autres blessées avant et après le scrutin présidentiel de 2015.

Les élections communales contestées du 4 février et la grève des enseignants du 12 février avaient donné lieu à de violents affrontements entre les forces de sécurité et les manifestants de l’opposition, ainsi qu’entre partisans du gouvernement et de l’opposition. Les forces de sécurité ont eu à maintes reprises recours à une force excessive et meurtrière contre les manifestants: «Au moins 12 personnes ont été abattues à Conakry en 2018 par les forces de sécurité au cours des manifestations souvent violentes qui ont suivi les élections locales contestées et les grèves des enseignants », a dénoncé Human rights watch (HRW) dans son rapport publié le 17 avril 2019. Jusqu’à présent, aucun membre de la police ou de la gendarmerie n’a été arrêté ou inculpé pour cette affaire.

5 enfants calcinés à Kalinko

Au lendemain des élections du 4 février, la sous-préfecture de Kalenko a été le théâtre d’une violence entre partisans du Rpg arc-en-ciel et de l’opposition. Le bilan faisait état de 5 enfants calcinés, plusieurs blessés et de nombreuses habitations incendiées. Dans son verdict du 19 avril 2019, le tribunal de première instance de Faranah a condamné par contumace 112 personnes, majoritairement membres de l’opposition, à la réclusion criminelle à perpétuité.

Assassinats ciblés sur l’Axe

Depuis Zakariaou Diallo, le 3 avril 2011, la première victime politique de la 3e République, à Mamadou Bela Diallo et Alimou Baldé, le 7 novembre 2018, 102 jeunes et une femme, mère de 6 enfants, ont été tués par balles sur l’Axe Hamdallaye-Bambeto-Coza lors des manifestations politiques.

Paradoxalement, toutes ces victimes habitent dans la même commune de Ratoma et appartiennent toutes à la même communauté peule. Ce qui, d’ailleurs, donne une connotation ethnique à la répression. Une thèse très plausible si on en croit aux discours tenus par le chef de l’Etat, lui-même, à l’héliport de Bellevue. «Les autres», disait-il, s’adressant, en langue soussou, à un imam qu’il appelait «mon oncle, ils font fuir».

On a besoin d’aller loin pour connaitre de qui s’agissait-il puisque Alpha Condé venait de citer toutes les ethnies de la Guinée sauf une seule. Celle dont sont issues toutes les 103 victimes politiques depuis 2010.

Toutes violences confondues, toutefois sans être exhaustif, plus 2010 personnes ont été tuées à cause de la défaillance de l’Etat à qui incombe le devoir de respecter et de protéger la personne humaine et sa dignité qui sont sacrées par l’article 5 de la Constitution.

Quelle suite a-t-on donné à toutes ces violences dont ont été victimes les populations de Galapaye, et Zogota ou encore aux tueries ciblées des manifestants à Conakry?

Le manque de repère et de confiance en l’Etat conduit inévitablement à des violences qui mettent en danger la paix sociale et l’unité nationale.

Un risque d’embrasement est donc à redouter avec ces velléités de modification constitutionnelle pour octroyer un 3e mandat à Alpha Condé.

Face à une telle situation, toutes les forces vives de la nation doivent se mobiliser pour défendre la démocratie.

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3 Commentaires

3 Comments

  1. Mamadou Diallo Mo Dinguiraye

    05/01/2019 at 3:46

    Merci infiniment pour ce travail hautement patriotique. Tot ou tard, les archives seront consultees et cette oeuvre est tres illustrative.

  2. Makady Diaby

    05/01/2019 at 5:42

    Le président Alpha Condé est né pour tuer. Il n’a aucun état d’âme pour le guinéens.

  3. Makady Diaby

    05/01/2019 at 7:12

    Le président Alpha Condé sera bientôt devant Mme Fatou Bensouda de la cpi pour tous ces crimes commis en Guinée. La communauté internationale doit hausser le ton contre Alpha Condé pour le freiner dans toutes ces barbaries avant qu’il ne soit trop tard.

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