Antonio Gueterres à Conakry ? le pari diplomatique de Mamadi Doumbouya

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Au lendemain de son intervention à la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, le président guinéen Mamadi Doumbouya, a été reçu par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Selon la Direction de la Communication et de l’Information de la Présidence de la République (DCI-PRG), les échanges ont porté sur la situation en Guinée, mais également sur les principaux défis auxquels sont confrontés le continent africain et la communauté internationale.

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Au cours de l’entretien, Mamadi Doumbouya a présenté la trajectoire politique et institutionnelle engagée par la Guinée, en mettant notamment l’accent, selon la Présidence, sur « la consolidation des institutions, l’inclusion et la lutte contre la corruption ».

Dans cette perspective, le chef de l’État guinéen a sollicité la poursuite de « l’accompagnement des Nations unies dans le processus de consolidation institutionnelle et de gouvernance participative du pays ».
António Guterres, pour sa part, aurait salué les efforts engagés par les autorités guinéennes et réaffirmé la disponibilité des Nations unies à accompagner le pays dans ses efforts de développement. Le Secrétaire général aurait également exprimé la solidarité de l’Organisation avec la Guinée, selon le compte rendu de la Présidence.

C’est dans le prolongement de cet échange que Mamadi Doumbouya a invité António Guterres à effectuer une visite en Guinée, afin de « constater directement les transformations engagées dans le pays ».

Une invitation à forte portée diplomatique
Au-delà de sa dimension protocolaire, cette invitation revêt une portée politique particulière. Une visite du Secrétaire général des Nations unies à Conakry constituerait, pour les autorités guinéennes, un signal diplomatique important à un moment où le pays cherche à consolider son nouveau cadre institutionnel et à renforcer ses relations avec ses partenaires internationaux.

Mais entre une invitation officielle et une visite effective, il existe une marge importante.

António Guterres achèvera son deuxième mandat à la tête des Nations unies le 31 décembre 2026. Son agenda au cours des derniers mois de son mandat sera donc particulièrement contraint, entre les crises internationales, les dossiers africains et le processus de transition vers son successeur.

La question est dès lors posée : le Secrétaire général de l’ONU acceptera-t-il l’invitation de Mamadi Doumbouya et trouvera-t-il une fenêtre dans son agenda pour effectuer une visite en Guinée avant la fin de son mandat ?

L’enjeu dépasse toutefois la seule disponibilité de l’agenda de Guterres. Une telle visite dépendrait également de la pertinence diplomatique qu’elle présenterait pour les Nations unies, du contexte politique guinéen au moment où elle pourrait être organisée, ainsi que des priorités du Secrétaire général dans les derniers mois de son mandat.

Dès lors, une autre interrogation mérite d’être posée : même si António Guterres disposait de davantage de temps à la tête de l’ONU, aurait-il nécessairement donné suite à cette invitation ?

La réponse dépendrait moins du protocole que de la lecture que le Secrétariat général ferait de la situation guinéenne et de l’intérêt politique, institutionnel et diplomatique d’une telle visite.

Pour Conakry, l’enjeu est donc désormais de transformer une invitation solennelle en rendez-vous diplomatique concret. Pour les Nations unies, il s’agirait de déterminer si une visite du Secrétaire général en Guinée, à quelques mois de la fin de son mandat, peut contribuer de manière utile à l’accompagnement du processus institutionnel engagé dans le pays.