Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a pris la parole ce vendredi 25 septembre 2026 à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, à l’occasion du débat général de la 81ᵉ session. Dans un discours largement consacré à la souveraineté, à la refondation de l’État et à la trajectoire politique du Niger depuis le coup d’État de juillet 2023, il a défendu les choix opérés par les autorités de Niamey.
Alors que la politique menée par les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES) fait l’objet de critiques sur la scène internationale, le chef du gouvernement nigérien a présenté cette dynamique comme l’expression d’une volonté de rupture et d’émancipation. « L’Alliance des États du Sahel (AES) est pour l’Afrique et ses diasporas historiques et contemporaines ce que la lumière est pour l’obscurité. Elle est pour cette communauté humaine présente aux quatre coins du monde un foyer d’espoir et de dignité », a-t-il déclaré.
Dans une intervention au ton résolument souverainiste, Lamine Zeine a également inscrit l’AES dans une lecture historique des luttes africaines contre la domination extérieure. Selon lui, cette alliance constitue « un changement profond, durable, irrépressible et irréversible » qui doit conduire les peuples africains vers « l’indépendance, la souveraineté et la liberté ».
Le Premier ministre a par ailleurs insisté sur la volonté du Niger de conserver la maîtrise de ses ressources et de ses choix stratégiques. « Notre refondation au Niger n’est dirigée contre personne », a-t-il affirmé, avant de rappeler que Niamey entend « compter sur [lui]-même » et assumer pleinement ses choix et ses alliances.
« La souveraineté de nos États n’est pas négociable, nos ressources appartiennent à nos peuples, notre avenir ne se décidera plus ailleurs », a-t-il martelé.
Évoquant les sanctions imposées au Niger après le coup d’État du 26 juillet 2023, Ali Mahaman Lamine Zeine a estimé que son pays avait résisté grâce à la mobilisation de sa population, à la solidarité des pays de l’AES et au soutien de partenaires régionaux.
Il a notamment salué l’accompagnement de l’Algérie, présenté comme un partenaire stratégique de Niamey. Le Premier ministre a cité plusieurs domaines de coopération, notamment la santé, l’éducation, l’énergie, l’hydraulique et l’agriculture, ainsi que des projets d’infrastructures comme le gazoduc transsaharien et la route transsaharienne. « Le Niger est surtout debout parce qu’il a repris possession de son sol, de son sous-sol et de sa parole », a-t-il déclaré.
Sur le plan sécuritaire, le chef du gouvernement nigérien a enfin réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre la lutte contre les groupes armés opérant dans la région et de renforcer ce qu’il présente comme la reconquête progressive de la souveraineté nationale.
À la tribune de l’ONU, Lamine Zeine a ainsi défendu la trajectoire engagée par les autorités nigériennes depuis juillet 2023, tout en réaffirmant la place centrale de la souveraineté dans leur projet politique. Son intervention intervient alors que les pays de l’AES cherchent à consolider leur coopération politique, économique et sécuritaire au sein de leur nouvelle confédération.

