Le gouvernement guinéen entend faire des jeunes éleveurs l’un des principaux bénéficiaires de l’importation de 5 000 bovins de races améliorées en provenance du Brésil. Annoncée ce lundi 24 août 2026 par le ministre de l’Élevage, Alpha Bacar Barry, cette initiative prévoit que les animaux seront mis à la disposition de jeunes éleveurs sous forme de crédit, avec un remboursement possible en argent ou en lait. Le dispositif s’inscrit dans le Programme national d’amélioration génétique bovine Horizon 2026-2035, qui vise à accroître la production de viande et de lait et à structurer durablement la filière.
Pour Alpha Bacar Barry, la réussite du projet passe par une approche économique permettant aux jeunes éleveurs de vivre durablement de leur activité.
« C’est la première fois que vous entendez un ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, vous parler d’affaires. Alors, pour moi, il n’y a pas d’agriculture s’il n’y a pas d’affaires. Il n’y a pas d’élevage s’il n’y a pas d’affaires. Si les gens ne gagnent pas de l’argent là-dedans, personne ne fait du social. Il faut que nous puissions aider nos jeunes éleveurs à faire des affaires, à faire de l’argent, à s’installer et surtout à s’installer de façon confortable dans ces activités-là », a-t-il déclaré.
Dans le cadre de cette initiative, l’État entend prendre en charge l’importation des animaux avant de les mettre à la disposition de jeunes éleveurs sous forme de crédit. Selon le ministre, le remboursement pourra se faire en argent ou en lait.
« Il y a donc l’État qui va s’engager à importer ces animaux. Mais pour qu’on puisse être dans une dynamique durable, ces animaux vont être donnés à crédit à des jeunes éleveurs qui vont les rembourser soit en argent, soit en lait. Parce que dans la chaîne de valeurs dont je vous parle, il y a les producteurs de lait et ceux qui les transforment. »
Les bénéficiaires seront également formés et accompagnés sur les plans technique, vétérinaire et zootechnique, avec pour objectif de favoriser la reproduction des animaux améliorés et leur diffusion progressive dans le cheptel national.
« Ces jeunes éleveurs vont être encadrés et formés pour que ceux qu’ils ont comme races améliorées puissent se reproduire et qu’ils puissent eux aussi revendre le produit de la reproduction à d’autres éleveurs qui sont à côté. Ça, c’est le premier axe de cette importation. »
Le programme prévoit également un deuxième volet destiné aux familles en situation de précarité ayant déjà une tradition d’élevage.
« Le deuxième axe, c’est que nous avons des familles qui sont en situation de précarité, mais qui sont culturellement orientées vers l’élevage, à qui nous allons donner peut-être une vache ou deux », a expliqué Alpha Bacar Barry.
L’objectif est de permettre à ces familles de couvrir une partie de leurs besoins en lait et de commercialiser le surplus auprès de collecteurs locaux.
« Au-delà de la consommation locale de la famille, qui ne dépassera pas 5 litres, le surplus de production d’une de ces vaches, qui a une capacité de production journalière d’environ 25 litres de lait, sera versé et vendu au collecteur local qui fait partie de la chaîne de valeurs que nous organisons. »
Le gouvernement entend également faire profiter de cette dynamique à d’autres acteurs de la filière. Les vendeurs d’aliments pour bétail, fournisseurs d’équipements d’élevage et jeunes vétérinaires pourraient ainsi développer de nouvelles activités grâce à l’augmentation du nombre d’exploitations et d’animaux.
« Ensuite, vous allez avoir le troisième axe qui va permettre aux autres acteurs, comme les vendeurs d’aliments pour bétail, les revendeurs d’équipements d’élevage, les jeunes vétérinaires installés en coopérative qui vont apporter des prestations prophylactiques à ces animaux-là ou à ces fermes, aussi de faire de l’argent, etc. »
À travers ce mécanisme, le gouvernement veut donc aller au-delà de la simple importation de bovins. L’ambition est de créer un modèle économique structuré, allant de la production animale à l’alimentation du bétail, en passant par les services vétérinaires, la collecte et la transformation du lait.
Avec les 5 000 bovins annoncés, l’exécutif entend ainsi améliorer progressivement le cheptel guinéen, accroître la production de viande et de lait et créer de nouvelles sources de revenus pour les jeunes, les familles rurales et les différents acteurs de la chaîne de valeur.

