Thierno Saidou Diakité : « Les 16es de finale ont mis à nu l’écart qui sépare les équipes africaines de celles des autres continents »

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Après une phase de groupes historique ayant vu neuf sélections africaines accéder aux 16es de finale de la Coupe du Monde 2026, le constat est plus amer au moment d’aborder les huitièmes. Seuls le Maroc et l’Égypte sont encore en lice. Dans cet entretien accordé à Guinée360, l’analyste sportif guinéen Thierno Saidou Diakité dresse le bilan du parcours africain, analyse les raisons des éliminations, revient sur la désillusion du Sénégal. Il salue aussi l’exploit du Cap-Vert et dévoile les équipes qu’il voit aller au bout de la compétition.

Guinée360 : Les huitièmes de finale de la Coupe du Monde 2026 débutent ce samedi avec la rencontre entre le Maroc et le Canada. Sur les neuf équipes africaines qualifiées pour les 16es de finale, seules le Maroc et l’Égypte ont réussi à franchir ce cap. Quel regard portez-vous sur le parcours des sélections africaines ?

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Thierno Saidou Diakité : Sans conteste, nous nous sommes réjouis de l’élargissement du nombre de places accordées à l’Afrique en phase finale de la Coupe du monde. Pour cette première historique, neuf équipes africaines sur dix ont atteint les 16es de finale. Malheureusement, la décantation a été très cruelle pour notre continent, puisqu’à ce jour, seules deux équipes poursuivent la compétition. Ce bilan à mi-parcours du Mondial est révélateur du niveau actuel de nos sélections.

Les performances des équipes africaines en phase de groupes avaient pourtant été unanimement saluées. Qu’est-ce qui, selon vous, a fait défaut lors des 16es de finale?

Pour mémoire, lors de notre dernier entretien, j’avais souhaité que nos équipes fassent preuve d’une concentration à toute épreuve en 16es de finale et qu’elles soient surtout beaucoup plus efficaces dans la finition. Le très haut niveau est extrêmement exigeant et les moindres défaillances se paient cash. À mon humble avis, il a manqué à nos équipes cette mentalité de gagneur qui caractérise les grandes nations du football.

Certains estiment que ces 16es de finale ont rappelé les véritables limites du football africain, malgré un premier tour prometteur. Partagez-vous cette analyse ?

Je partage entièrement ce point de vue. Les 16es de finale ont mis à nu l’écart qui nous sépare des équipes des autres continents. Il revient désormais à nos fédérations de tirer tous les enseignements de cette épreuve afin de corriger les défaillances constatées.

Qu’attendez-vous désormais du Maroc et de l’Égypte, les deux derniers représentants africains encore en lice ?

C’est la gagne, et rien que la gagne, que j’attends de ces deux équipes. Il y va de l’honneur et de l’image de marque du continent africain.

Présenté comme l’un des favoris, le Sénégal a quitté la compétition plus tôt que prévu. Beaucoup mettent en cause les choix du sélectionneur. Quel est votre regard sur cette élimination ?

Le Sénégal, champion d’Afrique en titre, a terriblement déçu. L’entraîneur a montré de notoires carences dans la gestion de son groupe. Pourtant, il disposait d’un effectif très complet dans toutes les lignes. Il doit des excuses au peuple sénégalais pour cette élimination précoce, alors que son équipe avait largement les moyens d’aller beaucoup plus loin dans cette compétition.

À l’inverse, le Cap-Vert, qui dispute sa première Coupe du monde, impressionne. Quel enseignement tirez-vous de cette performance ?

Le Cap-Vert, tombeur du Cameroun, a agréablement surpris au cours de ce Mondial. Cette performance n’est nullement le fruit du hasard. Depuis six ans, le sélectionneur est en poste. Comme quoi, c’est sur la durée, dans la stabilité et le sérieux, que les résultats se construisent.

Au-delà des équipes africaines, quelles sélections considérez-vous aujourd’hui comme les principales favorites pour remporter cette Coupe du Monde 2026 ?

Je vais revenir sur le pronostic que j’avais formulé lors de notre précédent entretien. Je mise toujours sur la France, l’Argentine, le Brésil, l’Espagne et le Maroc.