À l’approche de la campagne électorale en vue du double scrutin législatif et communal prévu le 31 mai, plusieurs partis politiques dénoncent des irrégularités susceptibles, selon eux, de fragiliser la crédibilité du processus électoral. Tandis que certaines formations ont déjà annoncé leur retrait, d’autres agitent la menace de se retirer.
Parmi elles figure le Bloc Libéral (BL), qui accuse les autorités en charge des élections d’avoir procédé à la substitution de certaines listes de candidatures. Lors d’une conférence de presse tenue au lendemain du retrait du FRONDEG, le président d’honneur du parti, Faya Millimouno, a vivement critiqué la gestion du processus.
“Si vous constatez déjà qu’un de nos camarades a jeté l’éponge, partout où il peut prouver son existence, on recale sa liste. Partout où il n’a pas la chance d’avoir 10 %, on valide sa liste. C’est pour dire ensuite qu’il n’y a même pas de classe politique”.
Le leader politique affirme également que certaines listes concurrentes auraient bénéficié d’un traitement favorable, contrairement à celles de son parti. “Nous avons des listes dont la composition a été faite correctement, au regard de la loi. Regardez les listes du CNRD : il y a même des ministres qui figurent sur deux listes, et les deux listes ont été validées. Pourtant, chaque candidat avait signé qu’il ne figurait sur aucune autre liste”.
Poursuivant ses critiques, Faya Millimouno estime que la structure chargée de l’organisation du scrutin manque d’impartialité. “C’est pour dire que la GMD n’est qu’une section du CNRD. La DGE se comporte clairement comme un organe partisan”.
Il dénonce également une application sélective des dispositions encadrant la représentativité sur les listes électorales. “On a dit : si vous ne respectez pas l’alternance hommes-femmes sur les listes, on rejette. Mais cette règle ne s’est appliquée qu’à ceux qu’on considérait comme des opposants. Regardez certaines listes du CNRD : vous trouvez des listes plurinominales composées uniquement d’hommes, et elles ont été validées”.
Le président d’honneur du Bloc Libéral dit avoir été particulièrement irrité par le rejet de la liste de son parti dans la commune de Tombolia. “Le Bloc Libéral a déposé cette liste dans les délais. Mais parce que nous sommes légalistes, nous savions qu’il restait encore des jours avant l’échéance légale, nous avons choisi de payer la caution le 6. Je me suis déplacé moi-même avec la tête de liste de Tombolia. Nous sommes allés à la DGE, puis au Trésor. On nous a traités avec mépris. On n’a pas accepté notre liste”.
Selon lui, des situations similaires se seraient produites dans d’autres localités, notamment à Kissidougou. “C’est la même chose qu’ils ont faite à Kissidougou. Dans plusieurs circonscriptions, ils n’ont validé qu’une seule liste, celle du CNRD. Là où il n’y avait qu’une seule liste, ils l’ont validée pour éviter qu’on dise qu’ils étaient seuls en lice. C’est une insulte”.
Il a par ailleurs relaté des difficultés rencontrées par le mandataire de son parti devant la justice locale. “Hier encore, le mandataire du Bloc Libéral s’est rendu au tribunal de Kissidougou. On lui demande : “Qu’est-ce qui prouve que tu es mandataire ?” Il répond qu’il est premier sur la liste. On lui rétorque que la liste est rejetée. Voilà ce qui s’est passé”, a conclu Faya Millimouno.

