À l’approche des élections législatives prévues le 31 mai 2026, la Directrice générale des élections (DGE), Djenab Touré, intensifie ses prises de parole publiques afin de clarifier les modalités du scrutin prévues par les textes en vigueur.
Lors d’une conférence animée récemment au siège de l’institution, elle s’est attardée sur deux notions encore peu maîtrisées par une partie de l’opinion : le scrutin uninominal et le scrutin plurinominal.
Avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution et du Code électoral, le nombre de députés à élire ainsi que les postes à pourvoir a été revu à la hausse. Dans ce contexte, Djenab Touré a détaillé la signification de ces deux modes de scrutin qui structureront l’organisation des élections.
S’agissant du scrutin uninominal, elle a expliqué qu’il découle du redécoupage des circonscriptions électorales basé sur les préfectures, les communes de Conakry et la diaspora guinéenne. “Pourquoi uninominale? Pour ces élections on à 50 circonscriptions électorales 33 circonscriptions électorales qui correspondent aux préfectures à l’intérieur du pays. 13 circonscriptions électorales qui correspondent aux 13 communes de Conakry. Et 4 circonscriptions électorales qui constituent pour les Guinéens établis dans les quatre continents. Sur les 98 députés à élire, 94 seront élus à l’intérieur et quatre dans les circonscriptions établies pour les guinéens de l’étranger”, a expliqué la Directrice générale.
Évoquant ensuite le scrutin plurinominal, elle a précisé : “On dit plurinominal parce qu’il y a des circonscriptions qui ont deux, jusqu’à cinq députés à élire. Où la liste qui arrive en tête, qui rafle les voies, si c’est quatre députés, c’est cette liste qui a quatre députés”.
Concernant le scrutin de liste nationale à la représentation proportionnelle, elle a indiqué que 42 députés doivent être élus à ce niveau. La responsable de la DGE a par ailleurs rappelé que seuls les partis politiques agréés et en règle pourront participer au scrutin, conformément à la nouvelle Constitution.
“La DGE avait validé 21 partis politiques. La cour suprême vient par un arrêt faire des injonctions, de réintégrer les 6 autres partis politiques qu’on avait rejetés. Et la compétition va se jouer avec 28 partis politiques pour 49 postes”, a-t-elle déclaré.
Selon l’article 105 de la Constitution et les articles 151 et 154 du Code électoral, les deux tiers des députés — soit 98 sur 147 — seront élus, selon les cas, au scrutin majoritaire uninominal ou plurinominal à un tour.
De son côté, le juriste Mamadi 3 Kaba a récemment apporté des précisions dans une tribune sur la distinction entre scrutin de liste et scrutin de candidats. “Si dans le scrutin de liste, l’électeur vote pour une liste entière présentée par un parti politique ou par une candidature indépendante. Ainsi, le vote collectif permet à la liste de remporter tous les sièges à pourvoir”, a-t-il expliqué.
À l’inverse, dans le scrutin de candidats, le vote est individualisé. “L’électeur vote pour une personne. Ainsi, le vote porte directement sur les personnes”, a ajouté l’ancien porte-parole de la CENI.
Il a enfin souligné que le scrutin de liste favorise la solidarité entre les candidats d’une même formation, tandis que le scrutin de candidats instaure une concurrence plus marquée entre les postulants.

