Depuis plusieurs jours, le football guinéen traverse une nouvelle crise sur le plan institutionnel. Pour cause, un enregistrement audio compromettant du président de la Fédération guinéenne de football circule largement dans les milieux sportifs et sur les réseaux sociaux. Mais face aux multiples allégations et la plainte de Kaloum FC, la Commission d’éthique de la FGF n’a, pour l’instant, annoncé aucune ouverture d’enquête ni procédure officielle. Un silence qui interroge et alimente les critiques.
Dans un enregistrement devenu viral, des accusations de violation des statuts visent le président de la fédération et PCA du Milo FC, Sory Doumbouya. Un contenu qui a suscité beaucoup de réactions notamment une plainte formulée par Kaloum FC, demandant une suspension provisoire du président de la FGF. Si un tel dossier aurait dû conduire immédiatement à une réaction immédiate des organes internes chargés de l’éthique et de la discipline, la Commission d’éthique de la Fédération guinéenne de football, reste jusque-là silencieuse. A date, aucun communiqué officiel, aucune information sur l’ouverture d’une procédure interne ni sur une éventuelle vérification des faits n’a été rendue publique.
Pourtant, les statuts de la Fédération guinéenne de football définissent clairement le rôle de la Commission d’éthique. Cette structure permanente a pour mission entre autres d’examiner toute situation susceptible de porter atteinte à l’intégrité, à l’honneur ou au respect des règles dans le football national.
Les textes précisent notamment que :
la commission peut être saisie par tout membre de la fédération ou par l’instance dirigeante pour des allégations de manquements éthiques ;
elle peut conduire des auditions, recueillir des éléments de preuve et ordonner des mesures conservatoires ;
elle est habilitée à formuler des recommandations ou à proposer des sanctions si des violations sont établies.
Face à ces accusations impliquant un haut responsable de la fédération, Mohamed Diawara et son équipe devraient entreprendre plusieurs démarches sont généralement attendues dans toute organisation sportive moderne. La première consisterait à ouvrir une procédure interne afin d’examiner officiellement le dossier. Ensuite vient la phase de vérification des faits, notamment par l’analyse de l’authenticité de l’enregistrement audio, l’audition des personnes concernées et le recoupement des éléments disponibles.
Par ailleurs, le règlement intérieur de la FGF précise également que cette commission doit exercer ses missions de manière indépendante et impartiale, sans aucune influence extérieure. Au-delà du cadre légal, la situation actuelle a un impact symbolique important. Les décisions non prises peuvent donner l’impression d’une protection spéciale pour certains dirigeants.
Si la commission d’éthique de la FGF continue d’entretenir le silence face à une telle crise, celle de la FIFA pourrait se saisir du dossier, notamment avec la récente plainte de Kaloum FC.


