Protocole d’accord : la FSPE se désolidarise et dénonce “un échec lamentable”

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Alors que le SLECG et le gouvernement ont annoncé la signature d’un protocole d’accord visant à mettre fin à la crise qui secoue le secteur éducatif, la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE) s’en dissocie totalement. L’organisation, par la voix de son secrétaire général Alpha Gassim Barry, estime que le document signé est sans impact réel pour les enseignants et annonce un durcissement de ses actions.

Interrogé par Guinee360, Alpha Gassim Barry rappelle d’emblée que la FSPE avait déposé un mémorandum clair, dont la principale revendication était la signature du statut particulier de l’éducation. Or, selon lui, l’accord annoncé n’apporte aucune réponse aux attentes formulées. « Ce fameux protocole ne nous engage pas du tout, parce que déjà, à l’interne, nous avons déposé un mémorandum et demandé la signature du statut particulier de l’éducation. »

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Pour la FSPE, le texte rendu public manque de profondeur. « Quand vous regardez ce fameux protocole-là, c’est vraiment un protocole qui est totalement vide (…) », affirme-t-il, estimant que l’accord a « chamboulé » le travail mené depuis des mois par les syndicats qui ont quitté la table des négociations.

Alpha Gassim Barry déplore également l’absence de réponses sur plusieurs points cruciaux, tels que la prime de transport, l’indemnité de logement ou encore la situation des enseignants contractuels. « Nous avons aussi demandé l’engagement des contractuels qui ont fait plus de huit ans d’enseignement. Aujourd’hui, ils demandent à ce que ces contractuels fassent aussi un concours. Donc déjà ça, c’est un échec lamentable, » regrette-t-il.

Pour le syndicaliste, la précipitation qui a entouré la signature du texte donne l’image d’un accord conçu davantage pour arranger le gouvernement que pour satisfaire les enseignants. « Je ne sais pas, être à la solde du gouvernement (…). C’est un protocole qui a été signé à la va-vite. »

Alpha Gassim Barry martèle que la FSPE ne reconnaît aucune valeur au document signé. « Ce protocole pour nous est de nul effet, et n’a aucune incidence sur la vie des travailleurs. »

Selon lui, la désapprobation est largement partagée sur le terrain. « Les enseignants de Conakry à Youmoun, de Youmoun à Koundara, personne n’apprécie le contenu de ce protocole-là », assure-t-il, affirmant que même des membres se réclamant du SLECG auraient désormais basculé du côté de la FSPE : « Même aujourd’hui, ceux qui se réclament du SLEG sont derrière nous et nous soutiennent. »

Face à ce qu’il qualifie de “trahison”, le leader syndical annonce le maintien et le durcissement du mot d’ordre de grève. « Le mot d’ordre de grève reste maintenu. Nous allons durcir le ton les jours à venir, » prévient-il.

Pour lui, seule une reprise sérieuse des discussions pourrait permettre de sortir de l’impasse. « Il faut que le gouvernement revienne à de meilleurs sentiments et nous appelle sur la table de négociation pour qu’on puisse vraiment mettre en place un protocole consensuel. »

Alpha Gassim Barry résume enfin le contenu de l’accord signé entre le SLECG et le gouvernement comme « une montagne qui a accouché d’une souris », un texte « signé nuitamment, jusqu’à l’aube et sans bénéfice pour les enseignants. »