Le bras de fer judiciaire se poursuit dans l’affaire Algassimou Diallo. Dans un communiqué publié ce dimanche 15 octobre 2026, le Parquet général près la Cour suprême de Guinée a apporté des précisions sur la procédure engagée contre l’ancien magistrat, alors que son procès est marqué par de fortes tensions entre la juridiction et ses avocats.
Révoqué de la magistrature le 20 août dernier par le Conseil supérieur de la magistrature pour « manquements graves aux devoirs de son état », Algassimou Diallo est désormais poursuivi pour plusieurs infractions pénales, notamment la provocation à la haine, la discrimination et la participation à une association de malfaiteurs.
L’affaire, renvoyée devant les chambres réunies de la Cour suprême, a récemment pris un nouveau tournant. La défense a soulevé deux incidents de procédure : la récusation de trois magistrats du siège et l’annulation de l’ordonnance de renvoi. Mais le 15 octobre, la Cour a rejeté ces deux demandes. Une décision qui a conduit le collectif d’avocats de l’ancien magistrat à suspendre sa participation aux audiences.
Face à cette situation, le Parquet général défend la régularité de la procédure. Il assure que les actes accomplis sont conformes aux textes en vigueur et que les droits de la défense ont été respectés. Le ministère public précise également que la suspension des audiences par les avocats relève de leur propre décision, tout en rappelant qu’Algassimou Diallo reste présumé innocent jusqu’à ce qu’une décision définitive établisse sa culpabilité.
Malgré ce bras de fer, le Parquet général se dit ouvert au dialogue avec les conseils de l’accusé afin de favoriser une reprise des débats dans un climat plus apaisé. Il insiste toutefois sur la nécessité de parvenir à une décision de justice dans un délai raisonnable.

