Réforme de la gouvernance : Bah Oury impose de nouvelles exigences aux projets financés par l’État

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Le Premier ministre Bah Oury a plaidé pour un renforcement de la gouvernance des finances publiques en appelant à ce que les projets financés sur le budget national soient soumis aux mêmes exigences de contrôle, de suivi et d’évaluation que ceux bénéficiant de financements des partenaires techniques et financiers.

S’exprimant lors de la cérémonie de lancement officiel de la plateforme pédagogique numérique « Mon Espace CFFP », le chef du gouvernement a réaffirmé sa volonté d’instaurer une gestion plus rigoureuse des investissements publics.

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« J’avais demandé à ce que les projets financés par le budget national soient aussi rigides, en termes de performance, de suivi et de recherche de redevabilité, que les projets à financement extérieur », a déclaré Bah Oury.

Pour le Premier ministre, les standards de gestion imposés par les bailleurs de fonds doivent désormais constituer une référence pour l’ensemble des projets financés par les ressources de l’État. Il estime qu’une disparité persiste encore dans le traitement des projets selon leur source de financement.
Selon lui, alors que les financements extérieurs sont soumis à des procédures de contrôle particulièrement strictes, les projets financés sur les ressources nationales continuent, dans certains cas, de bénéficier d’un encadrement moins exigeant.
« Très souvent, on a l’impression que les projets financés par les partenaires sont soumis à tellement de procédures, alors qu’avec le budget national… Or, nous devrions mettre tout en œuvre pour que les projets financés par le budget national soient gérés avec une attention toute particulière, parce qu’il s’agit des deniers de la population guinéenne », a-t-il souligné.

Cette orientation s’inscrit, selon Bah Oury, dans le cadre des réformes engagées par le gouvernement pour moderniser l’administration publique. Il considère que cette transformation repose avant tout sur une culture de la performance, de l’efficacité et de la reddition des comptes.
Le chef du gouvernement a également appelé à rompre avec certaines pratiques héritées de « l’économie de rente », qu’il juge incompatibles avec les exigences d’une gestion moderne et responsable des ressources publiques.

« Nous devons créer de la valeur, nous devons créer de la richesse. C’est à cela que nous sommes attendus », a-t-il affirmé.
Abordant la réforme budgétaire en cours, Bah Oury a mis en avant le déploiement progressif du budget-programme, présenté comme un levier essentiel pour améliorer la planification, l’exécution et l’évaluation des politiques publiques.

« Le budget-programme remet en cause nos habitudes. Ce qui est important, ce n’est pas seulement de disposer des ressources, mais de savoir quels objectifs nous voulons atteindre avec ces ressources, comment les planifier, les suivre et mesurer les résultats », a expliqué Bah Oury.

À travers ces réformes, le Premier ministre entend instaurer une gestion plus performante, transparente et responsable des finances publiques. Cette ambition intervient dans un contexte où la Guinée se prépare à mobiliser d’importantes recettes issues du développement du projet minier Simandou. Pour Bah Oury, la crédibilité de l’État reposera autant sur sa capacité à mobiliser des ressources que sur son aptitude à les gérer avec rigueur, transparence et efficacité.