Le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières a présenté ses réquisitions dans le dossier relatif à la relance de la Sotelgui, opposant l’ancien ministre Oyé Guilavogui à l’État guinéen.
En l’absence du prévenu, jugé par contumace, la défense n’a pas été autorisée à plaider lors de cette phase décisive de la procédure.
Représentant le ministère public, le substitut du procureur spécial, Ousmane Sano, a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement à l’encontre de l’ancien ministre, qui a occupé plusieurs portefeuilles durant plus d’une décennie sous la présidence de Alpha Condé.
Poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, Oyé Guilavogui est jugé depuis 2023 devant la chambre de jugement de la CRIEF. Il avait quitté la Guinée en novembre 2023 pour des raisons médicales, à destination de Tunis, sans être revenu depuis.
Selon l’accusation, d’importantes sommes demeurent injustifiées, notamment 12 millions de dollars liés au projet de relance de la Sotelgui. Le parquet évoque également 46 milliards de francs guinéens au titre du Fonds forestier, lorsqu’il dirigeait le ministère de l’Environnement, ainsi que 68 milliards de francs guinéens dans le cadre du projet de permis biométriques durant son passage au ministère des Transports.
Le ministère public a demandé à la Cour de reconnaître l’ancien ministre coupable de détournement de deniers publics et de le condamner à cinq ans de prison, assortis d’une amende de 50 milliards de francs guinéens.
En revanche, le magistrat Ousmane Sano a indiqué ne pas disposer d’éléments de preuve suffisants pour soutenir les accusations de blanchiment de capitaux et d’enrichissement illicite.
Le président de la Cour, Yagouba Conté, a renvoyé l’affaire au 29 avril prochain pour le prononcé du verdict.

