
Un mois après le premier déguerpissement, les étalagistes au carrefour KM36 sont revenus. Mais de nouveau, ce mardi 28 novembre, elles ont été chassées puisqu’il est interdit par la police de faire du négoce aux abords de la route. Certains ont été expropriés de leurs marchandises.
Des pneus brûlés, des étalages détruits, des vendeurs observant la scène avec des yeux effarés, c’est l’atmosphère qui se dessinait cet après-midi là au grand carrefour du KM36. Déguerpis pour une première fois dans la surprise totale, pour libérer la circulation, les étalagistes ont été de nouveau surpris, puisqu’ils n’ont pas été avertis. Mais en avaient-ils besoin?
Ils sont conscients des risques qu’ils encourent en vendant sur ces lieux. Car à tout moment la policer peut débarquer pour détruire leurs articles. Mais ils disent n’avoir pas le choix, puisqu’ils n’ont nulle part où vendre.
« Nous savons que nous n’avons pas le droit de vendre ici, mais nous n’avons pas où aller. Nous avons cherché des places dans le marché sans en avoir « , explique Abdoulaye Diallo, vendeur de téléphones.
Dans le petit siège de la Compagnie mobile d’intervention et de sécurité (CMIS), des femmes venues chercher leurs marchandises courent après les agents de la police pour les plaider à leur restituer leurs marchandises.
« Depuis le matin je n’ai pas vendu. C’est avec ce petit commerce que j’arrive à subvenir aux besoins de la famille. Rendez-moi ma marchandise avant qu’il ne fasse nuit, sinon je n’aurai rien,s’il vous plaît « , plaide Yarei Camara à l’endroit des agents.
Pour nombreux observateurs de la scène, cette situation n’aura de solution que quand l’Etat emménagera un lieu pour ces personnes. En attendant que ce jeu de » cache-cache » ne se termine, la construction très prochaine d’un mur séparant le marché au carrefour, se présente comme l’ultime solution pour Etat.

