
Dans cette interview accordée à Guinee360, Mme Oliano Marie Yvonne Coumbassa, secrétaire générale de la délégation syndicale de la Banque Populaire maroco-guinéenne (BPMG) et membre de la Fesabag explique les raisons de la menace de débrayage dans les banques à partir du jeudi 5 octobre.
La syndicaliste accuse l’Association des professionnels des banques (APB) d’avoir violé le protocole d’Accord signé en mars dernier avec la FESABAG sous l’égide du premier ministre. Qu’est ce qui explique votre menace de débrayage dans les banques?
Nos patrons ont violé l’Accord qui a été signé le 29 mars dans l’enceinte de la primature devant le Premier ministre, le porte-parole du gouvernement, le gouverneur de la Banque centrale et l’inspecteur général du travail. Nous avons signé cet accord à 2h du matin pour une sortie de crise. Le chef de l’Etat nous avait appelés à 1h30, nous demandant humblement de lever la grève pour ceux qui étaient en jeûne. Nous avons préféré la Guinée en acceptant de signer cet Accord. Dans cet Accord, nous avions insisté auprès des autorités de mentionner que nul ne devait être inquiété ou poursuivi pour fait de grève. Les deux parties ont signé devant le Premier ministre. A notre fort étonnement, nos patrons ont violé cet Accord. Les syndicalistes sont trimbalés devant les tribunaux. Il y a un de nos camarades qui est en train d’être auditionné à la gendarmerie de Télémélé.
Qu’est ce qu’on vous reproche?
Les patrons ont porté plainte contre les syndicalistes soi-disant qu’ils ont été menacés de mort, insultés, tabassés. Je m’inscris en faux. Personne n’a insulté son patron. Autour de la table, on peut se dire tout, mais à la sortie, on se donne la main, on se serre la main et on tourne la page. Nos patrons n’ont aucun respect pour l’autorité. Ils n’ont aucun respect pour le gouverneur de la Banque centrale. C’est en Guinée où on voit qu’un directeur d’une des banques défie le gouverneur de la Banque centrale pour rencontrer l’autorité. C’est très grave puisque dans les autres pays ce n’est pas facile de rencontrer le gouverneur de la Banque centrale.
Pourquoi cela?
Nous avons compris qu’il y a de patrons qui veulent la place du gouverneur de la Banque centrale. Mais chacun a sa chance et on ne va pas donner la chance à nos patrons de mettre le pays dans le feu. Je parle particulièrement de Manga Fodé Touré, le directeur de la BICIGUI et de l’Association des professionnels des banques (APB). Il a signé l’Accord avec la Fesabag, la BCRG. Mais aujourd’hui l’Accord est violé.
Que demandez-vous à l’autorité?
Nous demandons à l’autorité de prendre les dispositions pour arrêter ces faits. Si la plainte n’est pas retirée devant la justice, nous prenons nos dispositions pour fermer tout le système financier le 5 octobre. Nous appelons tous les travailleurs du secteur financier, des banques, assurances et micro finances de se mobiliser pour barrer le chemin à nos patrons.
Quel est le nombre des syndicalistes poursuivis?
Il y en a 10 dont 9 syndicalistes et un employé. Il y a 4 quatre personnes poursuivis à la Société générale, 3 à la BCI, 2 à la NSIA et moi à la Banque populaire maroco-guinéenne.
Que comptez-vous faire?
Cette fois-ci, nous allons obliger l’APB à respecter l’Accord récemment signé par les deux parties.
Avez-vous pris contact avec les patrons ?
La Fesabag a fait des démarches et a tapé à toutes les portes. Nous avons rencontré le gouverneur de la Banque centrale et le président de l’APB, mais rien n’est fait. Aujourd’hui, les directeurs des banques sont plus forts que le gouverneur de la Bcrg parce qu’ils ont beaucoup de pouvoir auprès de l’autorité. Pendant les négociations, on s’était rendu compte qu’il y a des directeurs plus écoutés par l’autorité que le gouverneur de la Banque centrale. Aujourd’hui, les gens sont menacés pour fait de grève, on ne peut pas accepter cela. Nous demandons aux travailleurs qui nous ont portés confiance de savoir que si les syndicalistes sont persécutés aujourd’hui, demain ce sera leur tour. A partir du 5 octobre, les banques seront fermées tant que l’APB ne retirera pas sa plainte devant la justice.
Réalisée par Abdoul Malick Diallo
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