
Le secrétariat général des services spéciaux chargé de la lutte contre le grand banditisme et la drogue poursuit la traque des trafiquants d’êtres humains. Un 7ème réseau vient d’être démantelé à Conakry.
C’est sur dénonciation par des citoyens que les services spéciaux ont pu mettre main, mardi 26 septembre 2017, sur Mory Mara et Abdoulaye Bangoura. Ce sont ces deux qui aidaient Daniel Koma Béavogui, informaticien basé au Ghana depuis 2009.
Selon le commissaire Aboubacar Sylla, c’est Daniel Béavogui qui serait le cerveau de ce réseau de trafic d’êtres humains vers le Moyen-Orient : « Daniel Koma Béavogui serait le cerveau d’un grand réseau de trafic d’êtres humains évoluant dans la sous-région. Il opère en montant des faux dossiers, des faux projets sur internet en attirant en Guinée des expatriés. Daniel, actuellement au Ghana, est resté en contact avec ses clients qu’il arnaque généralement sur internet. Quand il a un client, il le rabat vers soit Abdoulaye Bangoura ou son petit Mory Mara. Ceux-ci récupèrent les passeports et les lui envoient à partir de la gare routière de Bamako. Daniel monte des faux dossiers, il va dans les ambassades et se fait passer le consul de Guinée au Ghana à la quête des visas qu’il appose dans les passeports. Ces passeports retournent ensuite en Guinée. Quand Mory les récupère, il les donne à leur propriétaire qui, à leur tour, lui donnent l’argent. Ainsi, à travers les sociétés de transfert d’argent, il expédie cet argent à Daniel.»
Par l’intermédiaire d’Abdoulaye Bangoura, quatre Guinéens dont deux filles ont quitté la Guinée. Les deux garçons auraient pu attendre la Turquie, alors que les deux filles ont été interceptées à l’aéroport d’Iran. Selon le commissaire Aboubacar Sylla, l’homme qui a intercepté ces filles les faisait promener dans des maisons de prostitution. Mais un jour, elles ont réussi à s’enfuir et aller à l’ambassade de la Guinée en Iran.
Les Guinéens ne sont pas les seuls à avoir été victimes de ce réseau. Puisque Daniel a réussi à faire venir en Guinée quatre Népalais en leur envoyant une lettre d’invitation au nom d’une société dénommée Turkon. Celle-ci serait basée à Conakry.
«A partir de cette société, dit le commissaire, Daniel a envoyé une lettre d’invitation à ses victimes, au nombre de quatre, qui ont répondu. Mais lorsque nous sommes allés pour l’interpellation on a n’a vu que deux expatriés chez lui. Ils ont été séquestrés depuis quatre mois dans un appartement de deux chambres et salon à Lambandji. Il leur a pris 26 mille dollars, avec leur passeport. Pendant ce temps, lui il est toujours au Ghana. Ces Népalais devraient venir en Guinée dans le cadre du tourisme.»
Actuellement, les deux Népalais sont nourris par le secrétariat général des services spéciaux de lutte contre le grand banditisme, puisqu’ils n’ont ni argent, ni passeport.

