
Le mardi 26 décembre 2017 s’est tenu une audience du procès des présumés assassins de feue Mme Boiro et feu Paul Temple Cole, dans la salle d’audience du tribunal de première instance de Dixinn. Une salle jugée inappropriée pour ce procès d’envergure nationale.
Quatre ventilo dont deux fonctionnels, une dizaine de bancs, deux portes d’entrée et de sortie, pas d’espace qui différencie les parties, le tout comblé par un salon transformé en salle d’audience, c’est l’atmosphère que vivent tous les jours avocats, magistrats, parquet et auditoire dans cette propriété privée transformée en tribunal depuis des années.
Dès le début de l’audience, les individus se bousculent à la recherche d’une place Les journalistes sont assis à main le sol, certains avocats font la queue pour se présenter afin de défendre leurs clients. Les prévenus sont séparés à l’auditoire par un petit espace de quelques centimètres qui sert de passage pour tout le monde.
Dans une ambiance de chaleur extrême, des personnes presque entassées les unes sur les autres dans la salle, le tout flanqué dans un bâtiment délabré au mur noir, la cour remplie de voitures usées. C’est le calvaire qu’endurent tous les jours les participants lors des procès dans ce tribunal. Pour ce procès d’une grande importance, qui attire assez de monde, avocats de la partie civile et défense ont tous sollicité la délocalisation du procès, vu les conditions de travail et sécurité inadéquates des lieux.
« Comment peut-on placer de tels prévenus qui ont assez de choses à révéler dans un tel tribunal. Il n’y a aucune sécurité, l’infrastructure ne s’y prête pas. Le président du tribunal nous a affirmé que l’on nous aurait donné une salle à la mairie de Ratoma. Ce qui est une honte nationale. Je ne puis comprendre que l’on construise des camps militaires, des mairies, mais pas de palais de justice dignes de nom« , s’est indigné Me Jean Batiste Jocamey Haba, de la défense.
« Nous avons sollicité la délocalisation du procès. C’est inadmissible que nous travaillions dans des conditions pareilles. Nous sommes tous confondus dans la salle. Nous ne pouvons même pas constituer nos différents dossiers. La distinction est difficile entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense. L’État doit nous offrir les meilleures conditions pour nous permettre d’accomplir sereinement notre travail« , a expliqué Me Salifou Béavogui de la partie civile.
En attendant une suite favorable de la demande des avocats, agréée par le parquet, pour l’obtention de la salle d’audience de la Cour d’Appel de Conakry, qui selon le président du tribunal est aussi très utilisée, avocats, magistrats et auditoire vont devoir se contenter de ce tribunal. Comme le dit l’adage » à défaut de la mère on se contente de la grand-mère« .
Pire, le tribunal a été, il y a longtemps, assigné à déguerpir. Mais face à l’Etat, le propriétaire du bâtiment ne peut rien, puisque les forces sont inégales.
Par Kadiata THIAM
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