SociétéChronique:La forêt, le marigot de Démoudoula ne sont pas les seuls occupés

Chronique:La forêt, le marigot de Démoudoula ne sont pas les seuls occupés
Mounir Barry
Chronique:La forêt, le marigot de Démoudoula ne sont pas les seuls occupés

Des gargotes de fortune par ci, des étalagistes par-là et plus loin parc auto ou des garages mécaniques. Voilà le visage que présentent les voiries publiques de la capitale guinéenne. Ce qui n’est pas sans conséquence sur la fluidité de la circulation, la salubrité de la ville et par ricochet la sécurité et la santé de la population. Visiblement, toutes les opérations de déguerpissements entreprises par les autorités se sont soldées par des constats d’échec.

A travers un battage médiatique ces derniers temps, le site de Démoudoula est en voie d’être libéré de ces occupants illégaux. Les particuliers, dont certains sont installés  légalement et d’autres illégalement sont en train d’être délogés progressivement en pleine période hivernale. Au même moment, les voiries urbaines de la capitale et certaines villes à l’intérieur du pays sont agressées littéralement au vu et au su des autorités. Pire, les espaces déguerpis sont rapidement réoccupés par déguerpis, faute d’aménagement par les services publics, notamment l’habitat.

Aujourd’hui, les domaines publics maritimes sont victimes des autorités  qui scellent des contrats avec les partenaires locaux et étrangers. Pour illustration à Lambanyi dans la commune de Ratoma, en face du palais du peuple, à Cobaya, à Kassonya et partout ce sont des édifices qui poussent comme des champignons. Notre Etat manque de vision et d’anticipation. Notre environnement est menacé, notre santé est affectée et notre vie est dangereusement menacée par toutes ces pratiques.

Les citoyens sont à la fois victimes et coupables. Certes, ces populations, la plupart analphabètes, reçoivent des documents administratifs et des titres fonciers avant de construire leurs maisons. Ils achètent légalement avec les chefs des secteurs, quartiers, autorités communales. Mais eux aussi, ils savent les conditions dans lesquelles ces papiers sont délivrés. Conditions opaques. Pourquoi détruire Démoudoula et déguerpir les citoyens en pleine saison hivernale ? Alors que les cicatrices de Kaporo-rails existent encore, elles sont d’ailleurs indélébiles. Aucune mesure d’accompagnement, sans indemnisations, les citoyens attendent d’être dédommagés, les terrains sont légalement acquis.

En face du palais du peuple, on apprend que le ministre d’Etat à la présidente en charge des investissements publics et privés est en train d’être parrain des partenaires étrangers qui veulent occuper les domaines publics maritimes. La plupart des capitales et grandes villes de la sous-région et celles notamment de la Guinée, l’espace public, les voiries urbaines et les domaines publics maritimes sont anarchiquement et illégalement occupés par les citoyens, mais aussi et surtout par les commis de l’Etat.

En dépit des efforts consentis par les pouvoirs publics, l’on est encore loin de voir le bout du tunnel. A Conakry, l’insalubrité et l’occupation anarchique des espaces publics sont lésion. Encombrants physiques, commerces informels et embouteillages semblent être la règle d’or. La capitale n’a plus de repère. Les immondices jonchent les rues et les caniveaux presque érigés en dépotoirs. La gestion des espaces publics et la politique d’assainissement de la capitale autrefois appelée « la perle de l’Afrique occidentale » ne correspondent plus à sa démographie galopante.

Ratoma n’est pas à l’abri de ce handicap organisationnel de Conakry. La commune souffre d’un manque criard d’urbanisation, d’infrastructures et d’assainissement. Le défi interpelle le gouvernement de la « IIIème République ».
La nécessité s’impose de réactualiser, comme préconisé dans le code de l’urbanisme, le code foncier et domanial de la République de Guinée, le Schéma directeur. Il y est clairement indiqué que seul le schéma directeur d’urbanisme (SDU) est habilité à fixer les orientations fondamentales de la ville et de son aménagement, compte tenu de l’équilibre qu’il convient de préserver entre l’extension urbaine et l’exercice des activités économiques sur les voiries.
La présence des parkings, des étalagistes dans les rues et la stagnation des eaux usées entraînent la dégradation de l’environnement. Le cadre de vie des citoyens menacé sous l’effet de l’occupation anarchique. Cette situation d’insalubrité favorise des maladies comme ce fut le cas du choléra durant les années antérieures.
Pour nous, la seule alternative demeure la prise de conscience de tous les acteurs (population, agents économiques et pouvoirs publics). Pour ce faire, la mise en place de programmes de communication et la construction d’infrastructures d’assainissement s’avèrent primordiales.
Au regard de tout ce qui précède, il ressort que la problématique de la gestion des espaces publics et la gestion de l’environnement doivent être posées en termes de ressources humaines matérielles et financières.

Maison centrale: Un prisonnier s’évade par la grande porteSélectionné pour vous : Maison centrale: Un prisonnier s’évade par la grande porte

Toutes les vidéos (émissions, séries TV, reportages, actualités, ...) de Guinee360.com sur http://guinee60.com.

Toutes les infos 100% People, Buzz et insolites sur http://guinee360.com.Guinee360 est aussi N°1 de l\'actualité sur mobile en Guinée.

SeneNews est en téléchargement gratuit sur Apple Store, sur Window Store et sur Google Play. L’accessibilité, c’est le pouvoir d’avoir l’information qui vous intéresse sur votre mobile smartphone et tablette. Ainsi, notre site Guinee360 s’adapte désormais à tous les formats d’écran, de l’ordinateur de bureau au téléphone mobile, à condition d’accéder à Internet en Guinée et partout dans le Monde.

Mis en ligne par 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Connectez-vous pour réagir à cet article
Connexion avec Guinee360.com