
Au lendemain de la sortie menaçant du chef de l’Etat, les enseignants restent de marbre et promettent de poursuivre le mouvement de grève.
Le secrétaire général du Slecg, considéré par Alpha Condé comme le principal instigateur, se dit menacé. Toutefois, il pose 3 préalables pour la reprise des négociations avec le gouvernement.
Guinee360.com: Quel est votre état d’âme après avoir écouté le président Alpha Condé vous faire porter le chapeau des violences qui ont émaillé votre grève et de tout ce qui adviendra ?
Aboubacar Soumah: Hier samedi 25 novembre, le président de la République, au lieu de nous appeler pour créer un climat d’entente, nous a fustigés en qualifiant notre mouvement d’illégal tout en interdisant aux médias de faire passer nos messages. Ceci constitue de façon flagrante une violation des droits et libertés syndicaux et aussi d’expression.
Qu’est-ce qui va se passer maintenant ?
Nous continuons la grève parce que nos revendications ne sont pas satisfaites. Le président a fait appel aux centrales qui n’ont pas des répondants au niveau de l’éducation. Vous avez constaté que tous les enseignants sont mobilisés derrière le mot d’ordre de grève. Moi, je faisais partie de la Commission de négociation en février 2016 et les débats avaient été reportés en septembre. Ils m’ont muté en qualité de DPE à Dinguiraye. C’était dans le dessein de ne pas me permettre de participer aux négociations.
Est-ce qu’il y avait un quelconque représentant du Slecg à la signature du protocole hier samedi ?
Le protocole a été signé par les secrétaires généraux des centrales syndicales en l’absence des membres du Slecg. Ce protocole qu’ils ont publié hier est le même que nous avions rejeté en septembre.
Quels sont les préalables pour d’éventuelles négociations avec le gouvernement ?
Il faut d’abord qu’on cesse de qualifier notre grève d’illégale parce que nous avons suivi la procédure normale. Ensuite, il faut que toutes les sanctions administratives contre nous soient levées. Il faut aussi une correspondance dûment signée par le gouvernement adressée au secrétaire général adjoint du Slecg nous invitant à une reprise des négociations. Si ces conditions sont satisfaites, nous négocierons avec le gouvernement.
Est-ce qu’il y a eu des démarches pour des négociations ?
Bien avant le retour du président , il y avait des institutions telles que le Conseil économique et social et la Caneg avec Dr Koureissy Condé. Certains conseillers à la Présidence de la République aussi nous avaient appelés pour demander les solutions de sortie de crise.
Après la sortie du président de la République, vous sentez-vous menacé ?
J’ai reçu beaucoup des menaces et j’ai échappé à beaucoup d’arrestations. L’autre fois quand nous sommes allés au ministère de l’Education, il y avait des gendarmes qui étaient à notre trousse. Ils sont venus chez moi dans un pick-up rempli d’agents. Chaque jour, il y a des va-et-vient des pick-up chez moi. Et on envoie même des gens dans la cour pour me rechercher. Je n’ai pas peur et la grève continue.
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La Guinée n’a la formule pour former un gouvernement mes pas un gouvernement.