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Guinée: Harcèlement sexuel au travail, le mal rongeur des femmes

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Guinée: C’est  l’un des sujets les plus tabous parmi la longue liste des violences faites aux femmes. ‘’Le harcèlement sexuel au travail’’ est devenu normal aux yeux de tous en Guinée.

De nos jours, certaines femmes pour être embauchées sont obligées de passer l’entretien dans une chambre en lieu et place des bureaux. Mais le sujet reste ignoré, au pire largement minimisé par les structures de défense des droits de la femme.  

Le harcèlement sexuel est une autre forme de violence exercée sur de nombreuses femmes en Guinée. Loin d’être une opération de séduction sympathique au travail, le harcèlement sexuel commence toujours par des blagues et des remarques douteuses qui parfois peuvent conduire  jusqu’au viol.

De la capitale Conakry à l’intérieur du pays, la pratique  prend de l’ampleur et devient récurrente dans les milieux professionnels. « Ma copine a été contrainte d’obéir aux avances de son patron par peur de perdre son travail. Mais moi, en apprenant la vérité, j’ai rompu mon amitié avec elle. Parce que je ne pouvais plus lui faire confiance. Car, elle a commis l’irréparable pour garder son poste », ce témoignage  de Mariama Sylla, est une illustration parfaite qui démontre que le harcèlement au travail est devenue monnaie courante dans notre société.

Que ça soit dans le monde professionnel, scolaire, politique etc., Si tu veux rester ou bénéficier d’un poste ou une promotion, il faut coucher  avec le boss. Et parfois, on fait subir aux femmes cette pratique sans qu’elles ne le sachent. Le problème, c’est que les harceleurs ne sont jamais dénoncés. Parce qu’ils sont en position de force. Mais les victimes quant à elles se sentent meurtrie dans leur chair et dans leur âme.

Pour comprendre alors ce que vivent les victimes d’harcèlement, nous avons tendu notre micro à une victime. Agée de 34 ans et mère de deux enfants, Aissatou Baldé, en service dans une entreprise de la place, nous raconte : « tout à commencé avec mon patron par des remarques sur ma façon de m’habiller. Mais quelques mois après, ça a commencé à s’empirer. D’abord, il m’a invité à une soirée du genre relation presse. Après, il me matraquait par des questions intimes. A savoir ma relation avec mon mari, ma première relation sexuelle etc. Mais avec un doux et parfois ton menaçant. Cette période fut pour moi une période de torture. »

A un moment, poursuit-elle, « j’étais perdu. Au service, tout le monde savaient que c’était un mec très pervers. Mais personne ne m’a dit d’en parler. J’ai passé quatre ans en train d’être terroriser par un homme lubrique.» Et d’ajouter : « dans ma nouvelle boîte, je refuse de sourire aux hommes et à mes supérieurs hiérarchiques. Parce que je ne veux pas qu’ils croient quoi que ce soit, ceci par peur de subir la même chose.»

En Guinée, la question des harcèlements sexuels au travail ne fait pas l’objet de préoccupation pour les autorités. Ainsi, cette violation devient de plus en plus banalisée dans le milieu professionnel. C’est pourquoi, de nombreuses femmes et filles sont victimes de cette pratique. Pour autant c’est une violation physique et mentale de la femme.

Certaines femmes n’ont pas conscience que leur mode vestimentaire peut être aussi interprété comme un signal aux harceleurs. Sur la question, Bintou Sangaré, enseignante, estime qu’, « on ne doit pas s’habiller pour provoquer. Surtout, en s’habillant, il faut prendre en compte l’atmosphère de son service. Toutefois, la femme ne doit guère être tenue pour responsable des harcèlements sexuels qu’elle a subis. Malheureusement, c’est le constat dans notre pays. »

Avec : KN

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