
L’arrestation de quatre syndicalistes dans les locaux du Conseil économique et social (CES) dirigé par l’ancienne syndicaliste Hadja Rabiatou Sérah Diallo et la dernière sortie médiatique de Me Check Sako, ministre de la justice, qui a qualifié la grève des syndicalistes de l’enseignement pré-universitaire de « sauvage » et « illégale », irrite la colère du Dr Abdoulaye Diallo ‘’Ballal Koïn’’ président du mouvement pour la solidarité et le développement(MSD).
Pour cet opposant, cette grève syndicale déclenchée depuis le 13 novembre dernier est loin d’être illégale: «Cette grève est sauvage par rapport à qui ? Peut-être par rapport à celui qui la qualifie ainsi. C’est eux qui sont sauvages, c’est eux qui sont primitifs. Ce ne sont pas les syndicalistes, ce n’est pas la société civile, ni le peuple de Guinée. Ce sont les gouvernants-là illégaux et illégitimes qui sont sauvages et primitifs. Cette grève est tout à fait légale parce qu’elle n’était que suspendue lors de l’insurrection populaire en début d’année. Cheick Sako doit faire attention parce qu’il a toujours brillé par la répression et l’intimidation. Et pourtant, on disait que c’est un bon cadre. Il n’y a pas de logique dans ce qu’il dit et ce qu’il fait. C’est malheureux pour un pays où les intellectuels sont achetés par des analphabètes.»
Et Dr Diallo de poursuivre : « Les autorités travaillent comme elles ont l’habitude de travailler. C’est-à-dire, elles essayent d’effrayer, d’intimider, de tuer, de désorganiser au lieu de calmer ou d’honorer leurs engagements. En effet, les syndicalistes sont dans leur droit de manifester. En février 2017, la grève n’avait été que suspendue. C’est pourquoi, il n’y a pas eu de préavis cette fois-ci. C’est la grève de février qui continue parce que le gouvernement n’a pas honoré ses engagements. Vous avez vu comment l’élève qui a été tué à Dabompa est jeune, clair et rayonnant. C’est juste pour endeuiller sa communauté. C’est ce qu’ils font à chaque fois qu’il y a manifestation. Le plus souvent ce ne sont pas les manifestants qu’on tue. On tue pour faire peur aux autres. On cible pour endeuiller la communauté peule. Depuis l’indépendance c’est comme ça. C’est toujours les mêmes qui arnaquent, humilient et tuent le peuple. Nous sommes avec un clan qui veut s’éterniser au pouvoir. C’est pourquoi il passe par tous les moyens pour intimider le peuple ».
Plus loin, il accuse la présidente du CES d’être un pion important pour le président Condé depuis 2007: «Hadja Rabiatou est toujours un pion important pour Alpha Condé depuis 2007. On appelle des syndicalistes pour négocier et on les arrête. Après elle va porter plainte contre qui ? Ces plaintes n’ont jamais servi à quelque chose. C’est du pléonasme. C’est de la trahison pure et simple».
Avant de terminer, il a invité les grévistes à poursuivre le mouvement jusqu’à obtenir satisfaction: «Il ne faut pas que les Guinéens s’habituent à faire comme l’Union des forces démocratiques de Guinée(UFDG) qui accepte ce qu’elle a refusé au début. Il faut que les enseignants soient reconnus dans leurs droits. Les points qu’ils ont réclamés sont faisables. Ce n’est pas excessif. Le gouvernement travaille pour s’enrichir et affamer le peuple».

