
Le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (Slecg) ne compte pas se laisser influencer par les menaces et les intimidations du gouvernement. Son premier responsable à Kaloum et membre de la cellule de communication du Slecg, Aboubacar Sylla, prévient qu’aucune négociation n’est possible tant que la sécurité des syndicalistes grévistes n’est pas garantie. Interview.
Guinee360: Vous avez déclenché une grève à partir du 13 novembre. Quelles sont vos principales revendications ?
Aboubacar Sylla: Nous avons trois principales revendications : premièrement, c’est la levée de la suspension de nos camarades Aboubacar Soumah et Kadiatou Bah. La deuxième, c’est le paiement du point d’indice 1030 à partir de novembre et nous sommes bientôt en décembre. La troisième, c’est la revendication d’un salaire minimum de 8 millions GNF.
Vos revendications sont prévues dans l’accord de 2016 signé entre le gouvernement et le syndicat. Avez-vous le sentiment que le gouvernement a la volonté de satisfaire vos réclamations ?
Il ne faut pas se leurrer. Le gouvernement n’a pas la volonté de faire quelque chose. Et d’ailleurs, ils sont aidés par les dissidents du Slecg. Il faut que les Guinéens sachent que les 1030 ne sont pas une augmentation de salaire. C’est quelque chose qui était due sur l’ensemble du système éducatif et à la santé qu’on avait obtenue de haute lutte au temps de Lansana Conté (ancien président, ndlr). Donc, on nous a payé cela il y a très longtemps avant l’arrivée du président Alpha Condé . C’est lorsqu’ils sont venus et à l’avènement de la nouvelle grille salariale qu’ils ont coupé les 1030. Ils ont coupé les 1030 pour passer à 750 pour l’éducation et la santé et de 900 à 600 pour le reste des fonctionnaires. C’est ce que nous revendiquons.
Aviez vous été consultés pendant l’élaboration de la nouvelle grille ?
En principe, on devrait même demander des arriérés parce que c’est un vol. Pour diminuer le salaire de quelqu’un on s’assoit et on négocie. Ça c’est souvent dans les entreprises en difficulté pour ne pas faire des licenciements. On demande aux gens de baisser leurs salaires pour que tout le monde soit maintenu.
Combien touche un enseignant aujourd’hui ?
Quand je prends les nouveaux fonctionnaires qui viennent d’arriver dans le secondaire, ils prennent entre 1 million 400 et 1 million 600 Gnf. Maintenant, imaginez pour ceux qui sont à l’élémentaire. Donc, c’est difficile. Or, si on appliquait les 1030, un enseignant se retrouverait entre 2 millions 500 et 2 millions 800 Gnf.
L’avenir du Slecg semble confus avec cette division qui y règne actuellement. Il y en a même qui sont exclus par d’autres qui sont à leur tour accusés de rouler pour le gouvernement. Qu’est-ce qui se passe vraiment ?
C’est regrettable que cela arrive parce qu’on avait un respect religieux pour le secrétaire général du Slecg (Sy Savané, ndlr). Aujourd’hui, il nous déçoit. Un syndicaliste c’est les intérêts de sa base. Qu’est-ce qu’ils font pour défendre les intérêts des travailleurs? Mais il a tourné sa veste pour se mettre du côté du gouvernement on ne sait pas pour quelle raison. A-t-il perçu quelque chose ? C’est entre lui et sa conscience.
Voilà qu’on qualifie votre grève de «sauvage». Qu’en dites-vous?
Lorsque les gens disent que nous avons fait une grève sauvage, nous demandons à tous les Guinéens de voir la réalité en face. D’abord, la grève de février 2017 n’était que suspendue. Ça veut dire qu’à tout moment, on pouvait la déclencher sans demander un préavis. Notre souci majeur, c’est le bien être des travailleurs du secteur éducatif. Maintenant que certains se mettent à nous dénigrer, ce n’est pas grave. Ils n’ont qu’à continuer c’est la maison. Après on va gérer la cuisine interne. Mais pour le moment, nous nous intéressons à la vie des travailleurs du système éducatif.
Votre mouvement de grève a été émaillée des violences ayant causé des pertes en vies humaines. Avez-vous entamé des négociations avec le gouvernement ?
En ce qui concerne les négociations, il faudrait qu’on attende d’abord. On ne peut pas négocier dans l’insécurité. Lorsque le président de la République, le premier magistrat du pays, dit que vous sommes des rebelles parce que quand il dit que c’est une grève sauvage, il nous qualifie de rebelles, c’est grave. Et même en temps de guerre, si les rebelles sont plus forts sur le terrain, on se doit de les appeler sur la table pour négocier. Nous ne parlons pas de négociation en ce moment. D’abord, nous avons besoin d’un cadre sécuritaire et de garantie. Quand tous ces éléments seront réunis, nous pourrons aller à la négociation. Parce que vous vous imaginez, on nous appelle au Conseil économique et social et après on nous arrête. Aujourd’hui, on a un procès en cours. Tantôt on veut négocier et tantôt on veut nous mettre en prison. Donc, nous ne négocions pas. On a besoin de sécurité et de garantie et après, on peut commencer les négociations.
Pourtant, il y a une négociation en cours en ce moment même ?
C’est ce qu’on veut vous faire croire. C’est la commission qui était allée négocier en septembre et qui avait obtenu le protocole bizarre rejeté par tous les travailleurs, c’est de celle là dont on vous parle. Mais comment une commission peut suivre le dossier alors que le document avait été rejeté ? Nous ne nous reconnaissons pas dans ce document qui est très égoïste vis-à-vis de certains travailleurs qui doivent aller à la retraite en 2017. Si on applique le protocole actuel, ceux qui iront à la retraite en 2019 n’auront rien. Ce n’est pas gentil. Ce n’est pas sérieux et ce n’est pas normal.
Que comptez-vous faire pour amener les autorités à satisfaire vos revendications?
Nous sommes des syndicalistes et nous utilisons notre arme à savoir la grève. Nous avons demandé à tous les enseignants de rester à la maison. C’est pourquoi, tous ces remous dans la cité, nous sommes désolés, mais ce n’est pas de notre responsabilité. La responsabilité de garantir la sécurité des personnes et des biens incombent au gouvernement. Nous avons demandé aux enseignants de rester à la maison. Quand les élèves viennent à l’école et ne trouvent pas les enseignants, les enfants n’acceptent pas cela alors qu’ils savent que les fils de patrons du système éducatif étudient dans le privé qui fonctionne. Donc, actuellement toutes les écoles publiques et privées sont fermées et c’est devenu un mal commun.
Merci monsieur Sylla
C’est moi qui vous remercie.


continuez a sacrifier l avenir des eleves guineens , le president alpha conde n a aucun enfant dans les ecoles guineennes. tant pis pour vous , continuez a faire l audacieux