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MICHEL DUSSUYER : Le retour

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Sélectonneur de la Guinée Conakry depuis 5 saisons, l’entraîneur cannois a décidé de rompre son contrat au terme d’une CAN réussie, qui a vu son équipe atteindre les 1/4 finale. Là où tant d’autres joueraient la sécurité -il lui restait 18 mois de contrat- Michel Dussuyer préfère arrêter, en toute conscience et honnêteté professionnelle. De retour chez lui, il livre une analyse enthousiaste de la compétition africaine et revient sur le parcours historique d’un autre sélectionneur cannois, son ami Hervé Renard.

Michel, quel bilan sportif tirez-vous de la CAN ?

Un bilan positif assurément. La finale a vu s’affronter deux équipes séduisantes pendant le tournoi. Et même si le dernier match s’est révélé décevant, en raison de la fatigue accumulée, l’épeuve m’a beaucoup plu. C’était ouvert avec des matches spectaculaires. Il est juste dommage que tous les favoris aient été regroupés dans deux poules sur quatre.

Comme pendant la Coupe du Monde, on a assité à des matches intenses avec beaucoup de buts inscrits sur des transitions

Oui même si le rythme n’est jamais identique d’une compétition à l’autre. On retrouve cette forme d’attaques et de contre-attaques rapides, ces situations qui partent d’une base défensive organisée. La Côte d’Ivoire était à l’aise dans ce système avec des attaquants très rapides et une rampe de lancement du niveau de Yahia Touré. Le Cameroun était aussi dans cet esprit.

Comment avez-vous jugé l’ambiance ?

Bonne. Habituellement les stades sont vides et tristes sauf pour les matchs du pays organisateur. Là il y avait du monde, c’était chaleureux. On a toujours joué dans des stades bien remplis. Il faut tirer un coup de chapeau à la Guinée Equatoriale d’avoir su organiser si vite et bien la compétition, on s’attendait à beaucoup plus de désagréments.

Votre sélection, la Guinée Conakry, a réalisé un beau parcours

On est tombé dans une poule très relevée avec la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Mali. On savait que l’on pouvait rivaliser avec eux, mais le faire 3 fois de suite ce n’est pas évident. La chance nous a souris, on a laissé beaucoup d’énergie dans la phase de qualifications et malheureusement on est passé à côté 1/4 finale contre le Ghana où notre prestation a été insignifiante, nous étions réellement usés. Et puis on s’est rendu le match très compliqué en concédant un but dès la 3è minute.

Vous avez décidé d’arrêter alors que vous êtes toujours sous contrat avec la fédération

Ceci tient à un phénomène d’usure. Ce qui fait avancer c’est la flamme que tu as en toi, c’est le fait de se focaliser sur un objectif. J’avais 2015 en tête parce qu’on avait raté la qualification 2013 en Afrique du Sud. Cela fait déjà 5 ans que j’opère à la tête de la sélection, c’est un long cycle, il y allait y avoir un phénomène d’usure.  C’aurait été malhonnête intellectuellement de continuer.

Vous avez passé 11 jours dans le même hôtel que les Ivoiriens, vous retrouvez Hervé Renard, un ancien coéquipier de l’AS Cannes…

(Il coupe) Deux coéquipiers, pas un, puisque Hervé avait pour adjoint Gilles Morisseau,  qui était lui aussi gardien de but à Cannes. Même si on est rythmé par notre quotidien, on s’est croisé régulièrement et on a pu échanger plus en profondeur le jour du tirage au sort. Les revoir tous les deux m’a procuré beaucoup de plaisir, c’était très sympa. On s’était dit qu’on se retrouverait en finale après avoir joué les uns contre les autres en poule (NDLR : match nul 1-1 entre la Côte d’Ivoire et la Guinée). Malheureusement je n’ai pas pu tenir mon engagement (rires).

Ressent-on quelque chose de spécial quand on affronte l’équipe d’un ami ?

Non, rien, on n’y pense pas, on est dans la compétition. Et pour revenir à Hervé, ce qu’il a accompli est énorme. Sans travail, il ne serait rien passé d’aussi fort. Il a mené son équipe au bout alors que personne ne l’attendait vraiment. Les favoris étaient les mondialistes, l’Algérie et le Ghana. Il a su tirer le meilleur de son groupe, et c’est à cela que l’on situe la valeur d’un entraîneur.

Vous avez été directeur de centre de formation, entraîneur en club, sélectionneur, à quoi aspirez-vous aujourd’hui ?

Je serai toujours formateur, y compris avec des professionnels. Et même s’il est difficile de passer du haut niveau international à d’autres formats, je suis ouvert à tous les projets, y compris dans des continents où je n’ai pas encore exercé. L’Asie du sud-est m’attire, les Etats-Unis également. En tout état de cause, être sur un terrain de foot est en soi un privilège.

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