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Guinée : le mandat du miracle ?! (Libre opinion)

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Le premier mandat du Président Alpha Condé appartient désormais à l’Histoire. Nous qui en sommes contemporains, il a été pour les uns  calamiteux, pour les autres gros de promesses. C’est aux historiens de faire la part des choses et de retenir, avec la distance qu’il faut,  ce qui vaut au regard de l’Histoire.

 N’attardons pas non plus l’œil sur les conditions qui ont entouré l’élection présidentielle de 2015. Le scalpel de l’analyse historique ouvrira le moment venu là où sont enfouis les secrets de ce vote.

Il faut aller vite : l’urgence de l’actualité politique guinéenne s’imposant à la lenteur de la réflexion,  notre prétention est d’esquisser les conditions qui doivent présider le second mandat d’Alpha Condé pour qu’il soit le mandat du miracle guinéen.

J’utilise le terme « miracle » en ayant à l’esprit le cas de l’Allemagne d’après la seconde guerre mondiale. C’est pour elle que l’expression de miracle économique  a été employée pour la première fois désignant la spectaculaire résurrection de son économie et de sa société, au début des années 1950. Au sortir de la guerre, il fallait tout rebâtir : les villes, les ouvrages, l’administration, les usines.

Dans ce champ de ruines,  les Allemands se sont dit : « Jamais nous ne nous en sortirons, si nous nous querellons. Travaillons ensemble ». Ils se sont alors fait confiance les uns dans les autres et de tous dans l’avenir commun. Ainsi, en quelques années, l’esprit d’entreprise, la capacité d’organisation, la cohésion sociale ont fait de l’Allemagne fédérale la deuxième puissance industrielle d’Occident après les Etats Unis.

Dans l’ordre des faits économiques et sociaux,  la métaphore de miracle et le comportement de confiance sont associés. Comme l’écrit Alain Peyrefitte dans ses leçons au Collège de France sur les « Miracles en économie »,  foi (miracle) et confiance sont des doublets, religieux et laïque, de la même racine. Le deuxième mandat d’Alpha Condé pour qu’il soit celui du miracle qui sort les guinéens de la misère doit  inspirer et instituer la confiance. Mais comment ?

Par le choix du Premier ministre. Celui-ci doit être jeune, dans la quarantaine d’années, en proximité avec une population dont plus de 2/3 ont moins de 40 ans. Ce clin d’œil à la jeunesse rajeunira aussi l’attelage exécutif et créera le sentiment d’équilibre dans la gestion du pays.

Le choix du Premier ministre doit également tenir compte des pesanteurs communautaires dans notre pays. Il doit être d’une origine à la lisière des grandes ethnies du pays. Il doit pouvoir être entendu avec confiance par toutes les catégories sociales  plus particulièrement par les peuls fortement meurtris au cours de ces dernières années.

Le Premier ministre doit être choisi sur ses qualités propres. Il doit ainsi avoir une capacité d’exposition élevée et une grille de synthèse serrée. Sa principale mission étant de créer le consensus national dont le socle est la confiance,  il doit relancer le dialogue entre les partis politiques plus particulièrement avec l’opposition sur des sujets difficiles tels que notamment : restructuration de la Ceni, fichier électoral, recensement de la population. Pour conduire ces discussions, il doit être un homme en relation fusionnelle avec le  Président et être en capacité de susciter la confiance de ses interlocuteurs, notamment l’Ufdg qui incarne l’opposition dans le pays.

Au moment où il coupe les amarres pour un deuxième mandat, le Président doit sortir des cales, s’éloigner de la machinerie politicienne et refuser de baisser les yeux pour ne pas voir les rats qui sont montés à bord et qui quitteront le navire dès que les premiers vents contraires contiendront la voilure.

Il doit lever la tête et scruter l’horizon. Là réside l’Histoire désormais son seul juge.  Il doit s’inspirer du fait que dans  la mémoire collective française, ce qui est inscrit en ce qui concerne le Général De Gaule, ce n’est non pas les conditions de son accès au pouvoir en 1958 mais la stabilité qu’il a apportée au pays avec la constitution de la Vème République.  Qu’il soit donc l’Homme qui aura rassemblé les guinéens, construit le socle de confiance dans le pays et en dehors.

Si tel est son dessein qui est porteur de notre salut à tous, il doit choisir un homme loyal à sa personne mais aussi capable d’audace pour créer le choc de confiance dont le pays a besoin. C’est à cette condition que le deuxième mandat d’Alpha Condé sera le mandat du miracle guinéen.

Alseny Kolente Bangoura

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