
Longtemps célébrée dans des chansons en hommage à la brave et exceptionnelle femme qu’elle a incarnée, Koumanthio Wali Sanè l’est également dans le livre désormais. L’ouvrage s’intitule ‘‘Koumanthio Wali Sané, trois trônes pour une princesse’’. Il est de la directrice du Musée de Labé, l’écrivaine et poétesse Hadja Koumanthio Diallo, homonyme et arrière petite-fille du personnage qui a marqué son temps.
Par ce chef-d’œuvre, l’écrivaine, au-delà du sang, entend rendre justice. «D’abord le sang, parce que je suis en train de parler de quelqu’un de ma propre famille à moi. C’est carrément mon arrière grand-mère. Je n’aurai peut-être pas dû parler d’elle. Mais je parle d’elle, parce qu’il y a une certaine injustice qui s’est instaurée à travers les âges que moi, je voudrais qu’on répare. Avec ma plume, j’essaie de le faire parce que je me dis quelque part qu’il faut porter haut cette femme, la faire connaitre», motive Hadja Koumanthio Diallo.
Aux dires de l’écrivaine, l’héroïne du roman, Koumanthio Wali Sanè a été une fille bien choyée dans un royaume très stable au départ : le royaume de N’Gabou dirigé par son père Dianké Wali Sané.
«Mais avec la guerre qui a sévi entre le Fouta Djallon et le royaume N’Gabou, le royaume a été détruit. Son père, vaincu. Elle a été prise comme prisonnière. Conduite à Labé, elle ne parle pas la langue du terroir. Elle était complètement étrangère. Elle est restée là comme servante dans la famille. Et puis plus tard, elle a épousé le fils du roi. Après, elle a donné naissance au dernier roi de Labé, Alpha Yaya Diallo», retrace l’auteure.
Pourquoi trois trônes pour une princesse ?
Comme indiqué ci-haut, Koumanthio Wali Sanè a commencé par le N’Gabou, chez elle, où elle était une princesse bien choyée (1er trône). Elle a été emmenée à Labé. Et là, au lieu d’être la prisonnière de guerre qu’on voulait qu’elle soit, elle devient l’épouse du roi (2e trône). Elle met au monde le dernier roi de Labé. Et doit désormais s’occuper d’une grande zone vers Gaoual, Koundara, une zone tout à fait frontalière avec le royaume de son papa (3e trône).
Pour la directrice du Musée du Fouta, son homonyme a réussi sa mission sur toute la ligne. «Elle était comme une sacrifiée pour permettre aux populations de vivre en paix. Parce que quand en Afrique, vous partez choisir la fille de votre ennemi, vous signez par-là même la paix. Koumanthio a donc servi de cela. Et finalement, il y a eu la paix entre les habitants de N’Gabou et les peulhs du Fouta Djallon. C’est une femme qu’on doit vénérer au fait. Et c’est une âme pure qui a été sacrifiée pour permettre aux uns et aux autres de vivre en paix», justifie Hadja Zeinab Koumanthio Diallo.
Madiba

