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Ce professeur guinéen qui excelle aux Etats Unis

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Depuis la fin des années 1990, des professeurs d’Afrique francophone choisissent les Etats-Unis, où ils font carrière dans des universités qui leur font la place qu’ils méritent. La France y perd-elle beaucoup ? Réponses en nuances de Mamadou Diouf, Souleymane Bachir Diagne, Manthia Diawara et Achille Mbembe.

Manthia Diawara, un francophone à New York C’est le cas de Manthia Diawara, écrivain et réalisateur d’origine malienne. L’auteur de In Search of Africa (Cambridge-London-Harvard University Press, 1998) est arrivé jeune de son lycée de Bamako aux Etats-Unis. Professeur de cinéma et de littérature comparée, il dirige l’Institute of Afro-American Affairs de l’Université de New York (NYU) ainsi que le programme d’études africaines (Africana Studies). Il n’a pas « fait » la France, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un regard à la fois admiratif et critique sur cet Hexagone qui fascine tant les Américains : « La République émancipe les individus et prodigue une très bonne éducation, celle par exemple de l’historien guinéen Lansiné Kaba, formé à la Sorbonne et venu enseigner à l’université de l’Illinois puis en Californie. Il est l’incarnation de l’élégance, de la langue française, de la retenue, avec une culture classique qui enthousiasme beaucoup aux Etats-Unis. »

D’un autre côté, Manthia Diawara partage cette opinion courante outre-Atlantique : « Les Français sont arrogants, c’est une maladie ! Même le New York Times pense que la France ne va jamais changer car elle ne veut pas lâcher ses acquis. Une attitude qui s’applique à sa relation avec l’Afrique : la France est prête à aller sauver le Mali, mais pas à l’aider vraiment à se développer dans la francophonie ! »

A cause du multiculturalisme, explique-t-il, beaucoup d’Américains noirs sont venus étudier avec des Haïtiens et des Africains francophones « pour se voir dans le miroir de la littérature africaine ou caribéenne ». « Du coup, les universités ont besoin de professeurs qui enseignent Edouard Glissant, Maryse Condé ou Yambo Ouologuem, des auteurs qu’on n’enseigne pas en France, plutôt que Baudelaire, Victor Hugo ou Rimbaud. Cette demande a donné une grande force aux professeurs africains, qui peuvent y répondre. »

S’il estime qu’on ne « peut pas blâmer la France, ses universités pourraient se dire que la meilleure des choses qu’elles puissent vendre, c’est cette littérature francophone qui pourrait servir les imaginaires de la France elle-même. Un pays qui a produit des Césaire, Fanon et Glissant, aujourd’hui plus connus aux Etats-Unis ».

RFI

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