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Guinée : Confrontation de deux cadres de l’éducation sur la réforme du système

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Guinée: Ce mercredi 22 mars 2017, conjointement  le Pr Amadou Bano Barry, membre de la commission nationale de réflexion sur le système éducatif guinéen et Dr Ousmane Kaba, fondateur de la plus grande université privée de la Guinée (Koffi Annan de Guinée) ont été dans l’émission les GG de la radio Espace Fm. Le thème débattu  est celui qui défraye la chronique dans la cité, notamment les réformes engagées pour qualifier le système éducatif guinéen qui se trouve dans un fiasco, selon les analystes, les commentateurs et les réalités sur le terrain. Pr Bano Barry prône pour la réforme et Dr Ousmane Kaba pense que c’est une manière d’éteindre les initiatives privées.

Prenant la parole, le Pr Bano Barry membre de la commission nationale qui vient de publier un rapport accablant sur les dérives, les dessous et les tares du système éducatif, parle d’une philosophie et une vision afin de diagnostiquer le système.

« Notre mandat, dit-il, c’est de faire le diagnostic sur l’intégralité du système, les dysfonctionnements et le manque de synergie d’action de la maternelle, du primaire, du secondaire, de l’enseignement professionnel et celui du supérieur. Ces réformes engagées ne visent personne et non plus de mettre fin aux initiatives privées. Cependant, la médecine, la formation des formateurs doit être un  monopole exclusif de l’Etat. Nous comptons faire l’extension des universités publiques dans ce sens tout en les qualifiant davantage. La santé, la formation des formateurs doivent être un monopole exclusif de l’Etat. Les universités privées vivent dans le ventre  de l’Etat et ça ne se doit pas. Voilà notre philosophie et notre vision. En principe, les universités doivent générer leurs propres ressources et nous allons faire en sorte que l’enseignement soit normalisé. Il n’y a pas d’universités privées en Guinée, mais il y a des universités dites privées ».

Le fondateur de Koffi Annan réplique et accuse cette commission et l’Etat en général de vouloir éteindre et faire disparaitre les universités privées : « Cette commission souhaite éteindre effectivement  les universités privées. Mais si l’Etat veut, il n’a qu’à arrêter de donner les bourses aux étudiants ou d’orienter les étudiants dans les universités privées, nous allons toujours exister. »

Dr Ousmane Kaba poursuit son allocution : « En 2012, les meilleures universités privées étaient les meilleures et le gouvernement a refusé de publier le rapport. Pourquoi les autorités veulent coûte que coûte assassiner les universités privées ? Au Sénégal, il y a trois universités privées qui s’occupent de la médecine, au Mali la même chose. Nous sommes dans quelle planète ?  Nous avons un programme cohérant. Nous avons les meilleurs professeurs de la sous-région, 22 maitres de conférences et 12 professeurs agrégés qui viennent un peu partout à travers le monde. Nous avons les équipements.»   

Dénonçant les maux qui gangrènent le système et les réformes engagées, Pr Bano Barry affirme : « Il n’y a pas d’universités privées en Guinée, mais nous avons des universités dites privées qui dorment dans le ventre de l’Etat. En 2011, le financement dans les universités publiques baissait de 54% à 31%, tandis  que dans les universités privées ça augmente les dépenses de 27% à 44% et la recherche n’est que de 3%. De 2008 à 2017, l’Etat a dépensé dans les universités privées 1.497 milliard de francs guinéens et je m’adresse aux peuples de Guinée. Ces réformes engagées ne visent personne, non plus Koffi Annan ou Dr Ousmane Kaba. Seulement, il est inconcevable d’enrichir les 1% de Guinéens au détriment des autres

Reprenant la parole, Dr Ousmane Kaba reconnait les tares dont souffre le système éducatif guinéen, mais il dénonce les réformes qu’il qualifie de ‘’cavalières ‘’ : « Dr Bano Barry ne comprend rien en économie  et j’ai l’impression qu’il ne maitrise pas les chiffres et c’est une politique qui vise à chasser le secteur privé. Nous avons les capacités, les équipements, les meilleurs formateurs dans la sous-région et nous sommes reconnus par le CAMES. Nous avons un partenariat avec l’ensemble des hôpitaux du pays. Par an, on dépense dans les universités publiques 1385 milliards, tandis qu’on ne dépense que 112 milliards dans les universités privées. C’est vrai, notre système éducatif guinéen est malade, mais il faut d’abord construire les universités publiques, les équiper avant de s’acharner contre nous.»

Pour justifier la vision et la philosophie de la commission qui ne vise pas à éteindre les universités privées, Bano Barry souligne : « Moi j’ai aidé beaucoup de compatriotes guinéens à mettre en place les institutions d’enseignement supérieures privées  comme l’université Wilfred Oprah de Guinée et une université privée qui se trouve à Mamou. Il faut avoir un conseil d’administration dans les universités. C’est l’une de nos perspectives. Nous comptons augmenter le budget de 3, 8% du Produit intérieur brut (PIB) à 8%  et l’Etat ne doit pas continuer à financer intégralement les universités privées. La Banque mondiale a lancé un appel d’offre pour nous pour recruter un consultant pour les études de faisabilité. Le privé ne doit plus fixer et imposer. Je persiste et je signe que les réformes ne visent personne.»

En guise de conclusion, Ousmane Kaba dit que les chiffres de Bano sont erronés : «La situation dans laquelle on se trouve, 60% des enfants vont dans le privé. Ne cassons pas la maison dans laquelle nous sommes jusqu’à d’abord construire une nouvelle maison et les informations que Dr Bano Barry donne, ce sont des chiffres erronés

Pr Bano Barry, lui, parle d’une philosophie pour qualifier le système éducatif qui se trouve dans un fiasco : « Que ça plaise ou pas, cette commission s’inscrit dans une démarche qui vise à débarrasser le système de sa léthargie actuelle, de la corruption, du népotisme qui gangrène tout le système

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