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Guinée : Touba « Derrière la mosquée, une affaire d’argent »

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Dans le village sacré de Touba en Guinée Conakry, deux familles se sont affrontées en début de semaine autour d’un projet de construction d’une mosquée. Un conflit communautaire instrumentalisé pour des raisons financières, selon notre Observateur.

Le village de Touba est un haut-lieu de l’islam guinéen, fondée en 1815 par un imam sénégalais. Depuis le début de semaine, de violents heurts y ont éclaté entre deux familles rivales : les Karambayas, qu’on dit être les descendants directs du fondateur de la ville, et les Touraya, une famille de l’ethnie Diakhanké.

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Le village n’abrite qu’une seule mosquée, où les familles venaient prier ensemble. Mais, depuis août 2014, les Touraya, qui s’estiment mis sur la touche dans les décisions du village, ont entrepris la construction d’une deuxième mosquée.
Dimanche et lundi dernier, des proches de la famille Karambaya sont donc venus détruire un mur de l’édifice en construction. Des membres de l’autre famille s’y sont opposés, des affrontements à l’arme blanche s’en sont suivis, faisant au moins deux morts, quinze maisons brûlées et des dégâts matériels importants, selon le procureur général de Conakry.

« Les familles se cachent derrière les traditions pour masquer des intérêts financiers »

Mamoudou Diouldé Diallo est correspondant pour GuinéeMatin dans la région de Boké, dans le nord-ouest de la Guinée Conakry. Il s’est rendu plusieurs fois à Touba pour couvrir le conflit entre les deux familles.

Jusqu’à ces heurts, la famille Touraya avait toujours accepté d’être moins influente dans les décisions du village. Mais un événement a changé la donne : plusieurs subventions accordées par l’État guinéen à la ville depuis 2012 ont créé des tensions. Les deux familles se querellent,  car les Tourayas estiment que ce partage n’est pas équitable. En signe de défi, ils ont donc entamé la construction d’une mosquée.

J’ai rencontré des partisans des deux camps sur place : tout le monde évoque des procédures coutumières complexes qui n’auraient pas été respectées, certains expliquant que cette mosquée va diviser les habitants du village. Mais mon sentiment, c’est que les familles se cachent derrière les traditions pour masquer des intérêts financiers. Outre la subvention, ouvrir une mosquée, c’est drainer des fidèles, et donc attirer les dons. En ce sens, chaque camp a peur de perdre des ressources et instrumentalise ses partisans.

Un tel niveau de violence dans une cité censée être sainte, alors que seulement un mur de cette nouvelle mosquée avait été monté, je trouve ça ridicule.

L’État guinéen a dépêché des renforts militaires dans la zone depuis mardi, et procédé à l’arrestation de treize personnes. Jeudi, le président Alpha Condé a annoncé le limogeage du ministre de l’Intérieur guinéen Mahmoud Cissé et de celui des Affaires religieuses, Elhadj Abdoulaye Diassy pour  » faute lourde » en lien avec ces incidents.

Avec : ObserversFrance24

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