“Ne me faites pas perdre mes deux enfants” : la mère du défunt demande la libération de son autre fils, condamné à six mois

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Le tribunal de première instance de Dixinn a rendu sa décision ce jeudi 21 mai dans le dossier impliquant Alpha Oumar Diallo, un jeune de 21 ans domicilié à Samatran, poursuivi initialement pour meurtre sur son frère de lait, Mamadou Lamarana Diallo.

Placée sous mandat de dépôt depuis le 26 décembre 2025, la procédure a finalement été requalifiée en faits de « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

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À la barre, le prévenu a reconnu les faits mis à sa charge. Selon les éléments exposés par le ministère public, le drame serait survenu à la suite d’une altercation entre les deux frères après que le défunt eut endommagé le téléphone d’Alpha Oumar Diallo.

Le parquet a expliqué que la dispute avait rapidement dégénéré. Dans un premier temps, Mamadou Lamarana Diallo aurait blessé son frère avec un couteau avant de se réfugier dans la maison. Alpha Oumar Diallo se serait alors emparé de l’arme abandonnée pour le poursuivre.

Malgré l’intervention de plusieurs voisins qui tentaient d’apaiser la situation, le prévenu aurait finalement retrouvé son frère avant de lui porter un coup de couteau dans le dos.

Après les faits, Alpha Oumar Diallo s’est lui-même présenté au commissariat central de Samatran pour signaler l’incident aux agents de sécurité. Il leur aurait demandé de se rendre à l’hôpital où se trouvait son jeune frère. Il a ensuite été conduit à la brigade de recherche de Sonfonia.

Appelée à témoigner, Kadiatou Diallo, mère des deux jeunes hommes, a expliqué qu’elle était absente au moment des faits. Elle a indiqué avoir quitté ses enfants aux environs de 13 heures pour se rendre chez sa mère à Tombolia. Elle a également précisé que le défunt souffrait de drépanocytose.

Interrogée sur une éventuelle consommation de drogue par Alpha Oumar Diallo, la mère de famille a déclaré ne pas être au courant. Très émue à la barre, elle a toutefois sollicité la clémence du tribunal. « Les deux sont mes enfants, de toutes les façons, la mort a eu lieu. Je demande alors au tribunal de libérer celui-là pour ne pas que je perde les deux. L’autre est décédé, si celui-ci aussi reste en prison, je ne sais pas comment je vais faire. Je leur demande de le pardonner », a-t-elle plaidé.

Dans ses réquisitions, le ministère public a indiqué que les faits de meurtre avaient été requalifiés en « coups et blessures ayant entraîné la mort d’autrui sans intention de la donner ». Le procureur a demandé au tribunal de retenir Alpha Oumar Diallo dans les liens de la culpabilité avant de solliciter l’application des articles 116, 287 et 290 du Code pénal. Le parquet a requis une peine de six mois d’emprisonnement contre le prévenu.

De son côté, la défense a sollicité la mise en liberté d’Alpha Oumar Diallo afin qu’il soit remis à la disposition de sa mère, déjà éprouvée par la perte de son second fils. Les avocats ont également insisté sur l’état psychologique du jeune homme, qu’ils estiment profondément affecté par les conséquences de son acte. «Aujourd’hui, le regret est total, la famille est en train de sombrer. Entrer en condamnation de ce jeune homme, c’est le pousser à la dépression et à la dérive », a soutenu la défense.

Dans son dernier mot avant les délibérations, Alpha Oumar Diallo a demandé pardon à sa famille.

Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré le prévenu coupable des faits de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner et l’a condamné à six mois d’emprisonnement.