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Guinée : Nouhou Thiam et Cie renvoyés en prison, la défense s’indigne

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Les débats dans le jugement du Général Nouhou Thiam, Colonel Sâdou Diallo, Lieutenant-colonel Mamadou Bondabon Camara, Lieutenant Mohamed Condé, Lieutenant Kémo Condé et l’Adjudant-chef Mohamed Kaba poursuivis pour ‘‘désertion et violation de consignes militaires’’ dans l’affaire de l’attaque du domicile privé du président Alpha Condé dans la nuit du 19 juillet 2011 ont pris fin ce jeudi 21 janvier 2016 à la Cour d’appel de Conakry.

Au lieu de délibérer, le tribunal militaire a renvoyé le verdict au jeudi 25 février 2016. Interrogé à sa sortie de la salle d’audience, Me Salifou Beavogui du pool des avocats de la défense a estimé que le verdict devait intervenir sur siège.

«La défense pensait que du fait du caractère vide de cette affaire et compte tenu du fait que nos clients ont purgé plus d’une fois la peine applicable en pareil cas au cas où ils venaient d’être déclarés coupables, nous avons estimé que le verdict devait intervenir sur siège. Et que nos clients auraient été libérés. Mais hélas ! La justice a ses réalités. Le juge a sa décision. L’affaire vient d’être renvoyée contre notre corps défendant au 25 février 2016 pour décision être rendue. Cette décision de renvoi est sans recours. Nous ne pouvons qu’accepter et prendre courage. Nous ne pouvons que nous remettre qu’à la sagesse de la loi et du tribunal», indique-t-il.

Plus loin il ajoute : «En ce qui concerne les inculpations, il n’y a plus des mots à dire. Il n’y a pas eu de désertion, ni de violations des consignes militaires. Très malheureusement c’est des innocents qui retournent encore en prison pour un moi. Nous l’acceptons et nous pensons que nous verrons le bout du tunnel. Je suis triste et meurtri de revoir nos clients retourner en prison alors qu’on pouvait les libérer aujourd’hui en raison du caractère vide du dossier. La défense se concertera pour une éventuelle demande de dédommagement de ses clients. Quiconque casse mon verre le paie. Le moment venu nous aviserons».

Pour sa part, Me Joachin de la partie civile s’est dit surpris de la réaction de la défense qui parle d’un long renvoi dans la mesure où ‘’la mise en délibéré dépend du juge chargé de la procédure’’.

De son côté Me Kpana Emanuel Bamba président de la ligue guinéenne des droits de l’homme (LIGUIDHO) et assistant de Conseil inscrit à la Cour pénale internationale(CPI) parle d’une violation grave du droit.

 «En tant que défenseur des droits de l’homme, c’est un sentiment de frustration de quelqu’un qui est en train de voir des graves violations des droits de l’homme parce que les gens qui sont jugés sont en train de subir l’injustice. Leurs droits ont été bafoués depuis les enquêtes préliminaires jusqu’aujourd’hui. Nous sommes dans un état des droits, pour nous la seule possibilité pour ce tribunal c’était de rentrer par la grande porte. Renvoyer ce procès jusqu’au 25 février alors qu’on pouvait délibérer aujourd’hui  parce qu’il y a l’article 455 du Code de procédure pénale qui permet à un tribunal de pouvoir délibérer sur siège. Pour nous, on est en train de mettre en place un système de violation des droits de l’homme contre  les prévenus. Mais lorsque les droits de l’homme sont en jeu le tribunal est obligé de respecter la loi. Dans d’autres pays où la loi est respectée ce tribunal allait se prononcer sur siège pour que les victimes rentrent chez eux aujourd’hui. Ne pas respecter cela, pour nous on a mis en place un système pour violer quotidiennement les droits de nos clients. C’est une chose condamnable dans un Etat des droits», affirme Me Bamba.

Mamadou Barry pour Guinee360

+224 623 425 753

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